MONTRÉAL - Peut-être y a-t-il plus d'astronautes canadiens qui peuvent aller dans l'espace que d'entraîneurs dans la Ligue canadienne de football (LCF), dixit Jacques Chapdelaine, le nouveau pilote des Alouettes de Montréal, mais ses joueurs avaient les pieds bien ancrés sur terre dimanche après-midi, au stade Percival-Molson.

Un texte de Alexandre Gascon

Une analogie spatiale au football, c'est plutôt rare, on en conviendra. Elle s'appliquait pourtant à Chapdelaine qui dirigeait son premier match dans la LCF après y avoir roulé sa bosse pendant 16 ans.

Et son ère a commencé de la meilleure des façons, avec une victoire convaincante de 38-11 de sa bande contre les Argonauts de Toronto (5-9).

Si l'attaque des Alouettes peut garder son erre d'aller, l'équipe deviendra certainement dangereuse comme en font foi les quatre passes de touché de Rakeem Cato. La défense de son côté a accompli du bon travail, comme elle a su le faire plus souvent qu'autrement cette saison.

Après le retrait du poste d'entraîneur à Jim Popp, après les sorties anonymes des joueurs contre leur directeur général, après les chicanes de famille entre Duron Carter et Rakeem Cato entre autres, voilà un petit cataplasme sur une plaie béante.

Il s'agit de la première victoire montréalaise depuis le 19 août. L'équipe met fin à une vilaine séquence de quatre défaites d'affilée.

Les Alouettes (4-9) stagnent toujours dans les bas-fonds du classement de la division Est, mais un peu d'espoir point au bout du tunnel.

Les 23 420 places du stade Percival-Molson étaient occupées pour voir à l'oeuvre le nouvel entraîneur.

Départ en force

Chapdelaine est un spécialiste de l'attaque. Voilà justement où le bât blessait chez les Alouettes cette saison.

Sa « structure », tant évoquée, n'a pas tardé à se mettre en place.

Cato a rejoint Kenny Stafford sur une distance de 48 verges dès le premier jeu à l'attaque. Les Argos n'avaient pas eu le temps de s'en remettre que Samuel Giguère captait une remise de 15 verges de son quart et Montréal prenait son envol 7-0.

« Nous n'avions pas prévu un tel scénario, mais c'est bien que ça se soit passé aussi bien, a dit Chapdelaine au sujet des deux premiers jeux qu'il a commandés comme entraîneur-chef dans la LCF. Il faut comprendre que dans un match, vous obtiendrez de bonnes occasions. Vous ne saurez toutefois pas si vous réussirez avant que le jeu soit complété. Sur d'autres séquences, nous n'avons pas été en mesure de soutenir le rythme. Alors tout est relatif. »

Le premier quart s'est conclu sur cette marque, malgré un échappé provoqué par le secondeur montréalais Kyries Hebert et recouvré par son coéquipier Ramon Taylor. Un revirement qui fut sans conséquence pour les Argonauts.

« C'est important, quand tu appelles les jeux, de comprendre les jeux avec lesquels ton quart est confortable, a expliqué Chapdelaine. Il faut qu'on soit sur la même longueur d'onde. Rakeem et moi, on commence à bien se comprendre. Ça n'arrive pas du jour au lendemain. Ce n'est qu'un match, mais on a une bonne synergie de ce côté-là. »

Lentement, mais sûrement, l'attaque hébétée de Toronto en début de match a retrouvé un peu d'aplomb.

La, jusqu'alors efficace, défense des Alouettes s'est mise à reculer et protéger les zones profondes laissant le quart des Argos, Drew Willy, attaquer l'espace vacant et engranger de courts gains.

Toronto s'est rapproché au score grâce à un placement de Lirim Hajrullahu, mais Montréal a repris immédiatement ses distances sur la séquence à l'attaquante suivante, bien servi par le retour de botté inspiré de 70 verges de Stefan Logan.

Cato s'est réconcilié avec Kenny Stafford, avec qui il a eu quelques démêlés au cours des dernières semaines, le temps d'une passe de sept verges et d'un touché, premier majeur de la saison pour le receveur éloigné.

« Nous avons joué avec beaucoup d'intensité, pendant quatre quarts, a indiqué Stafford. Toutes les unités ont bien joué et nous avons été en mesure de demeurer longuement sur le terrain. Nous avons joué un match complet, toute l'équipe. »

De retour de la deuxième demie avec une courte avance de 14-8, les Alouettes ont remis la pression sur leurs adversaires avec le deuxième touché du match de Stafford sur une passe profonde dans la zone des buts.

Toronto a bien rétréci l'écart avec le troisième botté de placement de la rencontre de Hajrullahu, mais rien n'y faisait.

Cato et sa troupe ont répliqué, par voie aérienne évidemment, dès la possession suivante. B.J. Cunningham a capté le ballon sur 15 verges au dernier jeu du troisième quart pour mettre le match définitivement hors de portée des Argonauts, portant le compte, à ce moment, à 31-11.

Samuel Giguère a mis un point final à ce massacre avec son deuxième touché du match sur une course d'une verge.

« Nous avons été en mesure de profiter de nos chances. Quand le ballon était dans les airs, les receveurs ont fait les jeux, c'est ce qui a fait la différence », a pour sa part analysé le receveur.

Les statistiques du match :

  • Rakeem Cato (Montréal) : quatre passes de touché, 210 verges par la passe
  • Tyrell Sutton (Montréal) : 10 courses, 83 verges de gain
  • Kenny Stafford (Montréal) : deux touchés par la passe, 60 verges de gain
  • Brandon Whitaker (Toronto) : 12 courses, 95 verges de gain

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