BILLET - Les Alouettes (2-4-0) semblaient se diriger tout bonnement vers une semaine de repos pleinement mérité. Mais tout a basculé en 100 secondes. Ni plus ni moins.

Le piège pendait au bout du nez des Moineaux : une priorité de 12 points avec 1 min 40 s à écouler au cadran avant de profiter de quelques journées de congé. La victoire semblait acquise, mais les Blue Bombers de Winnipeg (3-2-0) ont semé la consternation dans le camp montréalais avec 2 touchés en 44 secondes.

L'auteur de ces lignes était également convaincu que les Alouettes entameraient leurs « vacances » avec trois triomphes et trois revers. Un tel dossier aurait été fort satisfaisant étant donné qu'ils se sont mesurés aux cinq formations de l'Ouest canadien et au Rouge et Noir d'Ottawa (1-4-1).

Détrompez-vous, les champions de la Coupe Grey n'éprouvent pas autant de difficultés que leur rendement ne peut le laisser paraître. Sept des 12 prochaines confrontations seront disputées contre les Tiger-Cats de Hamilton (0-4-0), les Roughriders de la Saskatchewan (1-3-0) et les Alouettes.

Une occasion gâchée

Un faible relâchement et un manque de synchronisme ont grandement altéré l'état d'esprit des joueurs et du groupe d'entraîneurs des Moineaux à l'aube de leur première semaine de congés de la saison.

Plutôt que d'entreprendre cette courte pause avec le sentiment du devoir accompli - les Alouettes auraient remporté trois des cinq rencontres contre les équipes de la Division ouest, un exploit en soi -, ils ont en tête le souvenir de cette déconfiture.

La débandade à la fin du quatrième quart a définitivement porté ombrage à une excellente prestation de l'unité offensive et de son meneur, Darian Durant. Le vétéran avait pourtant bien mal amorcé le match, se faisant intercepter dès sa deuxième passe.

Durant a fait fi du revirement coûteux et a conduit l'attaque montréalaise en terre promise à quatre reprises, en plus de permettre au botteur Boris Bede de réaliser quatre placements sur de courtes distances (9, 28, 34 et 35 verges).

Si les joueurs des Moineaux recherchent des éléments positifs de la déroute à Winnipeg, le premier qui devrait jaillir de leur esprit concerne la production offensive. En fait, c'est le seul qui peut mettre du baume au coeur de cette débâcle.

Les points d'interrogation ont abondé du côté de l'attaque durant le premier tiers du calendrier. Et avec raison. Les Alouettes n'ont pas franchi le plateau des 20 points à 4 occasions en 6 duels. Par chance, la défense les a tenus à proximité de leurs adversaires la plupart du temps.

Inharmonie des unités

Lentement mais sûrement, l'attaque aérienne prend son envol. Ernest Jackson a retrouvé un tant soit peu ses repères, B.J. Cunninghan poursuit sa progression et Nik Lewis sévit dans les zones courtes. Et le jeu au sol n'est pas piqué des vers, les Alouettes étant la référence du circuit Ambrosie.

Tyrell Sutton, Brandon Rutley et Jean-Christophe Beaulieu ont mené la charge avec 295, 124 et 91 verges terrestres, respectivement.

Le hic? Malgré une recrudescence de l'unité offensive, certains éléments doivent tout de même être corrigés. La protection du ballon en tête de liste. Les Alouettes ont commis 11 revirements, dont 7 interceptions de Durant, et partagent la queue du peloton en compagnie du Rouge et Noir.

D'un point de vue d'équipe, une variable commune fait défaut : les nombreuses et coûteuses pénalités. À l'issue des cinq premières semaines d'activités, les protégés de Jacques Chapdelaine avaient écopé du plus grand nombre de punitions et se retrouvaient à l'avant-dernier rang de la LCF pour les verges perdues en pareille situation.

Les Alouettes n'ont tout simplement pas l'étoffe pour pouvoir se tirer dans le pied de cette manière et espérer remporter leur part de rencontres.

Manque de jeux déterminants

La défense, bouée de sauvetage de la formation lors de la première portion du calendrier, devra à son tour rehausser son niveau de jeu dans certaines sphères.

Il est vrai qu'elle accomplit un travail fort satisfaisant en ce qui a trait aux points accordés, comme en fait foi sa moyenne de 25 par match. Le coordonnateur Noel Thorpe devra cependant dénicher une solution concernant les sacs du quart et les revirements.

Jusqu'ici, le demi défensif Jonathon Mincy est le seul membre de l'unité défensive à avoir signé une interception. Si l'on ajoute la maigre récolte de six sacs à ce larcin, on se retrouve avec bien peu de jeux cruciaux.

Le fait de rabattre le quart-arrière derrière la ligne de mêlée met pratiquement un terme à la séquence offensive dans la LCF en raison des trois essais.

Une nette amélioration dans l'une ou l'autre de ces catégories serait bénéfique pour le positionnement sur le terrain et le temps de possession du ballon. En fait, les Alouettes ne peuvent strictement pas demeurer dans les bas-fonds de la ligue aux deux endroits.

Chapdelaine et ses instructeurs auront le luxe d'avoir quelques jours supplémentaires afin de découvrir les clés pour rectifier ces quelques difficultés. Ils ont intérêt à les utiliser à bon escient puisqu'au retour de la pause, une série de matchs aller-retour contre les Argonauts de Toronto (3-2-0) est prévue à l'horaire.

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