Les Alouettes (0-2) désiraient que cette nouvelle saison s'amorce sous le signe de la nouveauté. Elle s'annonce toutefois pour s'inscrire dans la continuité à la lumière des deux premiers résultats : des défaites.

Un texte de Félix St-Aubin

Un faux pas d’entrée de jeu. Et tout un. L’ouverture locale des Montréalais s’est conclue par un revers de 56-10 face aux Blue Bombers de Winnipeg (1-1), vendredi, au stade Percival-Molson.

Cet échec, un 13e d’affilée si l’on remonte à l’année dernière, n’a rien d’encourageant comme c’était le cas en lever de rideau en Colombie-Britannique.

« Ce n'est vraiment pas notre équipe qu'on a vue ce soir. Les pénalités encore cette semaine, les erreurs... C'est juste trop, on ne peut pas continuer comme ça. On ne peut pas, a répété Kristian Matte. Ça fait quatre ans maintenant, il faut changer ça tout de suite. Ça grouille, on commence à être tannés de ça. »

Les Moineaux ont été dans le coup durant une vingtaine de minutes. Le reste appartient à un scénario cauchemardesque pour une organisation qui espère retrouver son lustre.

La première demie n’était pas encore de l’histoire ancienne que les supporteurs des Moineaux avaient commencé à faire part de leur mécontentement. Le manège s’est répété à quelques occasions plus tard dans ce duel à sens unique.

Les Blue Bombers semblent récemment prendre un malin plaisir à jouer les trouble-fêtes lorsqu’ils croisent le fer avec les Alouettes.

Les deux chocs de 2017 n’avaient pas souri aux Montréalais. Ces revers avaient mis la table à une campagne catastrophique.

Deux défaites crève-cœur, l’une à la suite d’une invraisemblable remontée et l’autre en prolongation lors de l’épisode du jeu truqué bâclé, avaient terni le deuxième quart de leur saison.

Les protégés de Mike O'Shea ont cette fois-ci gâché la rentrée à domicile des Alouettes.

« C'est ce qui est le plus décevant dans cette défaite, nous avions une belle soirée d'ouverture, devant une foule superbe, par un temps magnifique, a déclaré Sherman. C'était la manière parfaite d'entamer notre saison à domicile et on s'est effondrés. »

Streveler en hausse

Les Blue Bombers ont pris les grands moyens pour refroidir les ardeurs du public montréalais en début de rencontre. L’attaque s’est transformée en rouleau compresseur et la défense s’est montrée intraitable.

L’unité offensive menée par le quart recrue Chris Streveler a pratiquement traversé le terrain à ses deux premières séquences offensives.

Un placement de 13 verges de Justin Medlock et un touché, réussi à la suite d’un jeu truqué, a tôt fait d’offrir les devants 10-0 aux visiteurs.

Streveler a envoyé le ballon au receveur Darvin Adams, installé derrière la ligne de mêlée, qui a aussitôt remis au porteur de ballon Andrew Harris dans la zone des buts.

L’art de calmer rapidement une foule lors de son ouverture locale, signé Streveler. Le pivot, qui compte seulement deux départs dans la LCF, n’a pas du tout paru impressionné par son baptême sur la route.

Le front défensif montréalais ne l’a pas plus effrayé. Il n’a pas hésité à utiliser ses jambes pour parcourir le terrain, que ce soit vers les lignes de touche ou au centre de l’aire de jeu.

L’athlète de 23 ans a administré une correction au bataillon du coordonnateur Rich Stubler tant par la passe que par la course.

Streveler a compilé des gains aériens de 246 verges et lancé 3 passes de touché contre aucun revirement. Il a ajouté un majeur par la voie terrestre sur l'une ses de ses 10 portées qui ont totalisé 98 verges.

Appuyé par Harris, le substitut de Matt Nichols, blessé à un genou, a vu sa valeur augmenter de manière exponentielle.

« C'est ça, la chose, on n'a pas été surpris, mais on a mal joué. Il n'y a rien que l'on peut dire, quand tu joues mal, il faut avouer », a concédé Muamba.

Le meilleur ami d’un quart recrue demeure le demi offensif. Harris lui a rendu sa tâche doublement plus aisée en raison de ses aptitudes dans les différentes sphères de l’attaque.

Le polyvalent porteur de ballon a mis le grappin sur le ballon 21 fois (15 courses et 6 réceptions) pour un cumulatif de 126 verges (58 au sol et 68 par la passe).

Drew Willy malmené

Si Streveler avait des airs d’un vétéran aguerri aux commandes de son unité, Drew Willy, lui, ne savait pas où donner de la tête. La prestation de son quintette lui servant de protection y est pour quelque chose.

Trop souvent, Willy a vu un rival accéder à sa pochette protectrice, compliquant davantage son boulot. Il a été rabattu à trois reprises derrière sa ligne de mêlée, dont deux fois par Tristan Okpalaugo, un abonné au champ arrière des Alouettes pour reprendre les propos d’un collègue sur la galerie de presse.

Le meneur offensif a orchestré une seule percée dans le territoire manitobain lorsque la rencontre n’était pas encore hors de portée. Cette série fructueuse réalisée au début du deuxième quart a permis à B.J. Cunningham de briser la glace avec son premier touché de la saison.

Pas moins de 24 points ont été enregistrés en quelque huit minutes avant de rentrer au vestiaire pour la pause de la mi-temps, coupant les ailes aux Moineaux. La suite n’a guère été plus reluisante pour les locaux.

Les Blue Bombers se sont servis des deux derniers quarts pour gonfler un peu plus leurs statistiques pendant que les questions fusaient de toutes parts dans les gradins du stade Percival-Molson.

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