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Les Autochtones trois fois plus susceptibles de vivre dans un logement inadéquat

Près d'un Autochtone sur cinq vit dans un logement nécessitant des réparations majeures, trois fois plus que les non-Autochtones, selon un dossier du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Un texte de Gabrielle Paul

« Les Autochtones font partie des personnes les plus mal logées au Québec », confirme la porte-parole de l’organisme, Véronique Laflamme.

Il y a près de 183 000 Autochtones au Québec et 18 % d’entre eux vivent dans un logement de mauvaise qualité, alors que 6,8 % du reste de la population est dans cette situation, selon le FRAPRU, qui base son dossier sur les recensements de Statistique Canada.

« Les écarts dans les conditions de logement entre la population autochtone et le reste du Québec sont importants », note Véronique Laflamme.

Difficultés en milieu urbain

Dans les villes, l’accès même à un logement est problématique pour les Autochtones.

« Que ce soit à Montréal ou à Val D’Or, les Autochtones font face à de la discrimination, soutient Véronique Laflamme. Nous avons reçu des témoignages de gens qui, seulement par leur nom, se sont vus refusés des visites d’appartements. » Ce genre de discrimination est illégal et peu chiffré.

Logements surpeuplés

Ce sont près de 15 % des Autochtones qui occupent des logements trop petits, alors ce chiffre s’élève à environ 7 % chez les non-Autochtones.

« En d’autres mots, lorsque l’on vit dans un logement de taille insuffisante, on vit dans un logement surpeuplé », spécifie Véronique Laflamme.

« Les enfants et les femmes sont particulièrement vulnérables lorsqu’il s’agit de surpeuplement, explique-t-elle. Les enfants n’ont pas un bon environnement pour faire leurs devoirs et les femmes sont plus à risque de faire face à de la violence. »

Le dossier du FRAPRU dénombre également que 9500 logements manquent dans les communautés autochtones et au Nunavik.

« Les investissements gouvernementaux sont insuffisants pour lutter contre la crise qui sévit dans les communautés », croit Véronique Laflamme.

Le FRAPRU s’intéresse aux conditions de logement des Autochtones depuis 2013. « Dans les communautés des Premières Nations ou dans les villages inuits, il n’est pas rare de vivre à six ou sept dans un logement de deux chambres. Certaines personnes sont obligées d’adopter des '' quarts de sommeil '', c’est-à-dire d’établir un horaire pour que tout le monde puisse dormir dans un lit », pouvait-on lire dans l’un de leur précèdent rapport.

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