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Les avis divergent sur le projet de sens uniques et de voies réservées à Montréal

La Société de transport de Montréal (STM) confirme qu'elle étudie plusieurs scénarios en vue d'une transformation d'envergure de certaines voies de circulation montréalaises, un projet dont se réjouit l'organisme Transport 2000, mais que décrie le syndicat des chauffeurs d'autobus.

Projet Montréal révélait, lundi, avoir eu vent de ce projet d'ajouter des voies réservées pour autobus et cyclistes sur plusieurs grandes artères de la ville, ainsi que d'instaurer de nouveaux sens uniques, avec pour objectif de décongestionner les artères de la métropole.

Ainsi, Papineau, Saint-Denis, Sherbrooke, Saint-Laurent, Saint-Urbain, Lachapelle, Rosemont et Henri-Bourassa pourraient être dotées de voies réservées aux autobus et accessibles aux vélos.

« Comme l'objectif général est le bon, attendons de voir le plan, et si cela peut améliorer l'efficacité et décongestionner les routes pour les usagers qui pourront faire des choix différents [...] », estime Philippe Cousineau-Morin, coordonnateur aux affaires publiques et communications à Transport 2000, une association de défense des usagers du transport en commun.

Le président du Syndicat des chauffeurs d'autobus, opérateurs de métro et employés des services connexes au transport de la STM, Renato Carlone, se dit totalement surpris et opposé à un tel scénario.

Les voies ne sont pas suffisamment larges pour un tel partage, estime M. Carlone, qui ajoute que les cyclistes auraient la possibilité de se trouver aussi bien devant l'autobus que sur le côté droit, ou même gauche, au moment où le véhicule aura à redémarrer.

M. Carlone relève également la règle de sécurité routière qui stipule qu'il faut laisser une distance sécuritaire d'un mètre lorsqu'on dépasse un cycliste, ce qui serait impossible en cas de partage de la même voie, selon lui.

Il se demande si, en cas de doute concernant la distance, le chauffeur d'autobus devra rester derrière le cycliste.

« Il ne faut pas oublier que nous sommes un transport public et qu'il y a d'autres enjeux, dont celui d'être ponctuel ».

M. Carlone voit deux problèmes majeurs dans ce plan. Tout d'abord, « le maire et la STM mettent en danger les cyclistes. Ensuite, les transports en commun n'iront pas plus vite, au contraire, ils seront plus lents ».

Les chauffeurs de bus n'ont aucun problème avec les voies réservées, tant que chacun a sa propre voie, les autobus comme les vélos, poursuit-il.

En revanche, ils sont contrariés de ne pas avoir été consultés, car ils connaissent mieux que quiconque les dangers auxquels ils sont confrontés sur la route, insiste M. Carlone.

Idéalement, il aimerait voir des pistes cyclables séparées par un terre-plein central, ce que recommande également Vélo Québec. Si on n'y parvient pas, les chauffeurs voudraient des voies clairement délimitées pour les bus et les vélos qui soient plus larges que la normale, afin de donner assez d'espace aux autobus pour dépasser les cyclistes.

Par ailleurs, certaines artères, telles que les avenues Papineau et de Lorimier, seraient en partie transformées en sens uniques sur plusieurs kilomètres supplémentaires, toujours avec l'objectif d'augmenter la fluidité de la circulation.

Actuellement, l'avenue Papineau est déjà à sens unique vers le sud, de la rue Rachel jusqu'à l'entrée du pont Jacques-Cartier. C'est l'inverse pour de Lorimier. Elles le seraient dorénavant à partir du boulevard Crémazie.

Pour le chroniqueur à la circulation de Radio-Canada, Yves Désautels, cette solution a déjà été efficace à Montréal. Il se souvient qu'il y a longtemps le boulevard Saint-Laurent et la rue Saint-Urbain étaient à double sens et que c'était tout le temps bloqué.

« Quand ils ont décidé de faire nord et sud, il y a eu des gens qui ont protesté, mais aujourd'hui, ça roule bien », souligne-t-il.

Des sources à l'Hôtel de Ville parlent d'un plan ambitieux qui pourrait voir le jour dès l'an prochain.

Avec des informations de Jacques Bissonnet et CBC

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