Retour

Les baby-boomers pourraient révolutionner la retraite

Ils ont révolutionné les moeurs dans les années soixante et inventé l'Internet. Et maintenant, ils arrivent à la retraite. Un concept que les baby-boomers risquent de révolutionner aussi, selon l'organisme lavallois Midi-Quarante.

Un texte de Francis LabbéTwitterCourriel

L'organisme Midi-Quarante se spécialise dans l'aide à la recherche d'emploi pour les 45 ans et plus qui habitent Laval. Environ 500 personnes font appel à leurs services, bon an, mal an. On estime à 6000 le nombre de Lavalloises et de Lavallois âgés de plus de 40 ans qui sont à la recherche d'un emploi. Midi-Quarante constate que les nouveaux retraités, qui sont de la génération des baby-boomers, ont des besoins différents de ce que l'on constatait normalement ces dernières années.

« Ça fait plus de 27 ans que nous venons en aide aux gens de 45 ans et plus, 50 ans et plus, et même 65 ans », explique André Hétu, directeur général de l'organisme Midi-Quarante, de Laval. « Notre système d'emploi est d'abord organisé pour des salariés à temps plein. Mais les baby-boomers ne cherchent pas souvent ce genre d'emploi. »

Cas type

Yves Allard est un jeune retraité. Après quelques mois d'inactivité, il a commencé ces derniers jours à chercher un nouvel emploi. « Je travaillais dans le secteur de l'impression et l'entreprise pour laquelle je travaillais a fait faillite il y a deux ans », explique-t-il. « L'hiver dernier, à part aller au gymnase, je n'avais rien à faire. »

« Je me sentais isolé, et ça me tentait de faire d'une pierre deux coups : me désennuyer et amasser des sous pour gaspiller, entre guillemets. Financièrement, je n'aurais pas besoin de ce revenu nécessairement, mais ça fait toujours un petit surplus », explique-t-il.

« Mais j'ai travaillé dur toute ma vie, je ne cherche pas un emploi trop physique. Aussi, j'ai supervisé des chaînes de production et je ne cherche pas un emploi stressant. Je veux surtout dénicher un emploi que j'aime, c'est mon premier critère », explique M. Allard, qui songe à devenir peut-être chauffeur d'autobus.

« Les baby-boomers, qu'on pourrait appeler les nouveaux aînés, veulent un service adapté à ce qu'ils sont. Ils ont besoin d'un projet de participation professionnelle adapté à leur réalité. Certains veulent travailler six mois intensément, puis ne plus travailler le reste de l'année. D'autres, ne veulent plus être pris dans le trafic, mais faire quand même vingt ou trente heures semaine. »

Deuxième carrière

Johanne Lavallée a 56 ans. Elle a pris sa retraite de chez Bell Canada il y a un an et demi. « Après quelques mois, je m'ennuyais à la maison. Je me suis remise à la recherche d'un emploi. Après quelques essais, je me suis rendu compte que je n'obtenais aucun résultat. » 

Selon Mme Lavallée, la recherche d'emploi en 2016 n'a rien à voir avec la recherche d'un travail il y a cinq ou dix ans. « Les employeurs analysent les curriculum vitae avec des mots clés. Il faut adapter et c'est ce que m'a appris, notamment, Midi-Quarante »

Son mari a développé la peinture comme passe-temps. « Je me cherche un emploi à temps partiel, comme adjointe administrative. Surtout pour me sentir impliquée et pas pour des raisons financières. »

Aide de Québec

La ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau, était justement dans les locaux de Midi-Quarante, lundi après-midi, pour annoncer une enveloppe provinciale de 10 millions de dollars, destinée à financer des projets pour retraités et gens du troisième âge.

Au total, 81 projets à travers le Québec recevront de l'aide. Midi-Quarante en fait partie, avec une enveloppe de 110 000 $, qui profitera notamment aux cadres et aux professionnels à la recherche d'un emploi. « Ce sont souvent les gens qui ont le plus de mal à trouver un nouvel emploi. Avec cette subvention, nous allons les former à mieux utiliser les médias sociaux, entre autres » explique André Hétu.

Plus d'articles

Commentaires