Retour

Les belles années piétonnes de la rue Prince-Arthur

Le mois dernier, l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal a inauguré la nouvelle rue Prince-Arthur. Une refonte plus que nécessaire après la fermeture de nombreux commerces mythiques et une baisse de la fréquentation. Retour en archives sur un lieu qui avait jadis des allures du Greenwich Village de New York.

C’est d’abord son petit côté artisanal avec la cordonnerie, l’épicerie et l’atelier de graphisme qui y ont attiré les habitants.

Avec les années, plusieurs projets de réappropriation citoyenne s'y sont développés. La rue est même ponctuellement fermée lorsqu'il y a des fêtes de quartier.

Ainsi, en 1979, la Ville de Montréal profite de l'engouement autour de Prince-Arthur pour mettre en place des aménagements temporaires qui connaissent beaucoup de succès auprès des commerçants.

Dans ses images de la rue Prince-Arthur, tournées le 5 septembre 1979, Gérard Loiselle, membre de l’Association des marchands de la rue Prince-Arthur, fait une demande particulière à la Ville : faire de l’endroit une rue piétonnière toute l'année, pas seulement l'été.

Une inauguration dans la contestation

Le projet de piétonnisation permanente ne fait pas l’unanimité. Pour accueillir l’annonce du conseiller Yvon Lamarre, une manifestation d’opposants, menée par le Comité logement Saint-Louis, s’organise lors de l’inauguration.

Le journaliste Jacques Bissonnet, au Téléjournal du 5 octobre, rapporte les propos de Jean-Marc Des Loges, porte-parole des manifestants : « On aimerait que la ville contacte les gens, parle aux gens et leur demande ce qu’ils veulent comme rue au lieu de dépenser des sommes énormes sur des aménagements que les gens ne veulent pas vraiment. On ne dit pas que c’est laid, ce qui se fait actuellement, mais on aimerait qu’on pense aux besoins des gens. »

Évidemment, les besoins des gens changent avec le temps, mais, aujourd’hui comme hier, une volonté demeure : être consulté et impliqué dans les décisions de l’administration municipale.

Ainsi, le manque de consultation auprès de la population est décrié et le danger de l'aménagement proposé est également souligné. En ce sens, l’augmentation des activités nocturnes et l'arrivée des prostituées dans le quartier sont particulièrement pointées du doigt lorsqu'il est question de la sécurité des résidents.

Le projet va tout de même de l'avant. La rue est agrandie, des bacs à fleurs sont installés, un nouveau mobilier est installé. Le projet de piétonnisation aide la rue Prince-Arthur à attirer les touristes à l’extérieur du centre-ville et contribue également à la renommée du secteur.

Une clientèle à retrouver

Depuis quelques années, le portrait est plus sombre. Les Montréalais ont, au fil du temps, délaissé la rue Prince-Arthur.

Le reportage du journaliste Louis-Philippe Ouimet, diffusé au Téléjournal en 2011, souligne  que la désertion se fait au profit des nouveaux centres de divertissement, en banlieue.

Aujourd'hui, les graffitis défigurent la rue et de nombreux commerces ont fermé leurs portes.

Espérons que la reconfiguration de la rue puisse raviver cet endroit mythique en y ramenant les odeurs de brochettes, de pizzas et de souvlakis qui en émanaient dans les années 1980 et 1990.

Plus d'articles

Commentaires