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Les bons et les mauvais coups de Valérie Plante à Chicago

Rencontre privée avec Barack Obama, entretiens avec les maires de Chicago, Washington, San Francisco, Paris et Mexico, soirée à l'Institut d'art de Chicago et entrevue à la radio publique américaine : la première visite diplomatique de Valérie Plante à l'étranger aura été très payante pour la mairesse fraîchement élue et s'est déroulée sans anicroche... ou presque.

Un texte de Julie Marceau, envoyée spéciale à Chicago

Premier arrêt à son a arrivée dans la troisième ville des États-Unis : la radio publique NPR.

L’animateur Jerome Mcdonnell, à la fois charmé et surpris par le style non protocolaire et chaleureux de la mairesse de Montréal, veut savoir comment elle a réussi à porter au pouvoir un parti « fondé par des environnementalistes », résume-t-il.

« Cette nouvelle génération de politiciens dont vous faites partie peut-elle réellement faire une différence pour la lutte contre les changements climatiques? », demande l’animateur. « Oui », répond Valérie Plante avec assurance.

La journée avance vite. C’est déjà l’heure d’un tête-à-tête avec le maire de Chicago. Il sera court. Rahm Emanuel est très occupé. La ville est l’hôte du Sommet nord-américain sur le climat qui réunit les villes membres du C40, dont Montréal.

Pendant que journalistes et attachés de presse patientent dans les couloirs, une relationniste de la Ville de Chicago nous confie que l’organisation est bien fâchée d’une fuite dans les médias qui vient de survenir… Elle confirme la rumeur qui circulait depuis quelques jours, la présence de Barack Obama à la clôture du sommet mardi.

S’ensuit une table ronde sur l’impact des changements climatiques. Alors que Valérie Plante parle des violentes inondations survenues à Montréal ce printemps, l’animateur et chroniqueur du New York Times, Thomas Friedman, fait une petite erreur en soulignant que la mairesse n’est élue que depuis « 9 jours ». « Un mois ! », rectifie spontanément Valérie Plante, dont le rire charismatique est contagieux jusqu’au fond de la salle.

Pour cette première visite internationale, la mairesse est accompagnée de quatre précieux conseillers. Son directeur des communications, Marc-André Viau, l’un des architectes de sa victoire électorale, tout comme sa chef de cabinet Marie-Ève Gagnon. Deux hauts fonctionnaires sont également du nombre : le directeur des relations internationales, Henri-Paul Normandin, pour la conseiller sur le plan diplomatique et Roger Lachance, le directeur du service de l’Environnement sur les questions liées à la lutte aux changements climatiques.

L’équipe a à peine le temps de se changer que commence, en soirée, une réception privée au prestigieux Institut d’art de Chicago. C’est la fin de cette première journée réussie.

Mardi matin 8 h 30. Ouverture officielle du Sommet nord-américain sur le climat. Dans une courte vidéo, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, encourage, lui aussi, les villes à poursuivre leur combat contre le réchauffement de la planète. Mais derrière les discours officiels, deux étages plus bas à l’hôtel Grand Sheraton de Chicago, des discussions se trament et des liens diplomatiques se nouent entre maires.

Valérie Plante et Anne Hidalgo déjà « alliées »

C’est la première fois que Valérie Plante s’entretient officiellement comme mairesse avec son homologue de Paris, Anne Hidalgo, qui est aussi présidente de C40.

Dans cette organisation des villes pour le climat [qui comptait à l’origine 40 villes], les femmes sont largement minoritaires au sein de l’organisation, soit 17 sur 92 maires.

La rencontre dure plus longtemps que prévu. À leur sortie, les deux femmes semblent enchantées.

« On partage une expérience de femmes venues de la société civile vers une fonction politique et je pense que ça va nous permettre de coopérer beaucoup plus (…) Je suis ravie de retrouver Valérie dans toutes ces rencontres internationales de maires où l’on apprend les uns des autres. Nous avons beaucoup d’énergie, voilà. Je pense que ça fait du bien », s’exclame Anne Hidalgo.

Rôle pour Montréal dans les « héroïnes du climat » de C40?

Quelques minutes plus tard, le directeur des communications de C40, Hervé Marro, nous confie que Valérie Plante pourrait permettre à Montréal de s’impliquer davantage dans l’initiative « héroïnes du climat » ou « Women4Climate » une initiative internationale de C40 visant à « donner aux femmes les moyens de leurs ambitions », explique-t-il.

« On en a parlé avec la mairesse de Montréal parce que c’est une initiative qui l’intéresse et on va continuer à travailler avec elle autour de ce programme »

10 h 25. La mairesse monte sur la grande scène et signe la Charte de Chicago pour le climat à l’instar d’une cinquantaine d’autres maires de partout dans le monde. Le rire de la mairesse, même dans cette salle où se trouvent des centaines de personnes, est perceptible.Un petit retard qui irrite

Seul bémol, un retard de Valérie Plante en après-midi à la conférence de C40 pour annoncer la participation de plusieurs métropoles, dont Montréal, au programme « Réinventer les villes » a obligé l’organisation à recommencer la prise de photos, créant une certaine irritation chez le maire de Chicago qui s’apprêtait à amorcer son discours lorsque Valérie Plante est finalement arrivée.

Par ailleurs, Montréal s’est engagée au cours de cette conférence de presse à offrir un terrain en bordure de l’autoroute Bonaventure qui servira à accueillir un « projet carboneutre » pour lequel un appel d’offres international sera lancé sous peu.

Le site, situé sur le terrain d’une ancienne cour de voirie, est présentement sous-utilisé, selon la ville.

À Paris, ce projet a notamment permis de donner naissance à un espace « agri-urbain » la ferme du rail.

Outre ce bon coup de Montréal, la mairesse a eu la chance de rencontrer en privé l'ancien président américain Barack Obama, quelques minutes avant son plaidoyer en faveur d'un leadership fort des villes nord-américaines pour lutter contre les changements climatiques et faire contrepoids à la décision de l’administration Trump d’abandonner l’Accord de Paris ratifié sous sa présidence en 2015.

La mission de la mairesse à l’étranger se poursuit cette semaine en Europe où elle effectue des visites à caractère économique à Paris, Lyon et Bruxelles.

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