À 24 heures du premier match des Bruins contre leur ancien entraîneur-chef d'une décennie, l'heure était plus aux hommages qu'au retour sur les mauvais souvenirs qui ont mené à son départ.

Environ 11 mois après le congédiement de Claude Julien, maintenant à la tête du Canadien, les joueurs de la formation bostonaise ont rappelé l'impact qu'il a eu sur leur carrière.

« Il m'a donné une chance de jouer et il a été plus patient avec moi que probablement la majorité des autres entraîneurs l'auraient été, a raconté l'ailier Brad Marchand. Nous avons eu de nombreuses conversations sur la façon de se comporter, d'être un bon joueur, un bon professionnel.

« Il ne s'est pas contenté de me voir comme un joueur de quatrième trio. Il m'a donné la chance de jouer sur le deuxième trio avec Bergy (Patrice Bergeron), et ensuite sur le désavantage numérique, puis éventuellement sur l'avantage numérique. Il n'a jamais abandonné, mais si ç'aurait été facile de le faire. Il m'a permis de me développer et de devenir un bien meilleur joueur. »

De son côté, Bergeron a reconnu que la rencontre de samedi face au Canadien aura un cachet particulier.

« C'est toujours spécial de revenir à Montréal et dans la province, a dit le natif de L'Ancienne-Lorette âgé de 32 ans. Avec Claude de l'autre côté, ça rajoute un autre aspect. J'ai vécu de très belles expériences avec lui et c'est une personne qui m'a beaucoup aidé dans ma carrière. »

Bergeron a mentionné que l'impact de Julien sur sa carrière allait au-delà du temps passé dans les arénas.

« Sa façon d'être, a répondu Bergeron quand il a été questionné sur ce qui lui manquait de son ancien entraîneur. Il est quelqu'un de très terre-à-terre. Il veut toujours vous aider comme joueur, mais aussi comme individu. Pour lui, le hockey c'est une chose, mais il va au-delà de ça. »

Si le groupe de vétérans des Bruins est bien conscient de l'impact qu'a eu Julien sur leur carrière, c'est plutôt sur la manière de jouer sur la patinoire qu'il faut regarder pour voir ce qui a changé au sein de l'équipe depuis le départ de Julien le 7 février dernier.

Des jeunes comme Charlie McAvoy, Jake DeBrusk et Danton Heinen connaissent des saisons remarquables et l'équipe joue du hockey excitant. Avant les matchs de vendredi, les Bruins occupaient le deuxième rang de la Division atlantique avec une récolte de 53 points en 40 matchs (23-10-7).

« Il y a des choses que j'aurais peut-être faites différemment dans notre zone, mais qui fonctionnent bien pour nous, a expliqué l'entraîneur-chef Bruce Cassidy quand il a été questionné sur l'évolution de l'équipe depuis le départ de Julien. Nous avons peaufiné certaines choses, mais la base est la même.

« Offensivement, nous avons pris une direction différente qui, je crois, reflète la direction dans laquelle vont les équipes de la LNH. Nous tentons de jouer avec un tempo plus élevé. »

De manière plus précise, Cassidy a expliqué que la relance se faisait plus rapidement et de manière plus imprévisible dans l'objectif de déstabiliser et surprendre l'adversaire. Bergeron a aussi mentionné que la défensive était plus impliquée dans la relance de l'attaque.

Si les Bruins avaient peut-être besoin de ce changement de style pour avoir du succès dans la LNH d'aujourd'hui, le séjour de Julien aura tout de même permis à l'équipe de gagner la coupe Stanley en 2011, leur première depuis 1972.

« On se souviendra toujours de lui comme d'un gagnant, a affirmé Marchand au sujet de l'héritage de Julien sur la ville de Boston. Ça faisait longtemps que nous avions gagné la coupe Stanley et il nous a aidés à la ramener. C'est quelqu'un chose dont les gens de Boston se souviendront longtemps. »

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