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Les classes modulaires ne font pas le bonheur de certains arrondissements à Montréal

Des élus d'arrondissements montréalais s'inquiètent de l'installation prochaine de classes modulaires dans certaines cours d'école pour pallier la hausse importante du nombre d'élèves observée à Montréal.

Un texte de Dominic Brassard

Pour le maire de l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais, ces classes modulaires ne favorisent en rien la vie de quartier. « Il y a de plus en plus de familles qui choisissent Mercier-Hochelaga-Maisonneuve pour s'y installer », dit-il.

Selon lui, une trentaine de ces unités seront installées dans cinq écoles de son arrondissement par la Commission scolaire de Montréal (CSDM), ce qui pourrait réduire l'espace de jeu des enfants.

Pierre Lessard-Blais s'inquiète aussi de l'image négative que ces classes modulaires projetteront dans le quartier. « Si on croit à l'école publique, d'envoyer nos enfants dans ces classes-roulottes, je trouve qu'on leur envoie un mauvais message sur l'importance de l'éducation, surtout en bas âge », soumet-il.

Des élus auraient préféré être informés plus rapidement par la CSDM de l'imminence de ce projet d'installation d'unités temporaires dans les cours d'école. Les arrondissements doivent en effet maintenant émettre des permis pour autoriser la Commission scolaire à commencer les travaux.

Dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, le maire Lessard-Blais précise que, selon la réglementation en vigueur dans son arrondissement, « ce ne sont pas des installations qui peuvent rester là plus de trois ans ». Le maire dit comprendre l'urgence de la situation, tout en offrant sa collaboration. Mais il ajoute du même souffle que « ce ne sont pas des mesures qui sont acceptables ».

La CSDM répond

La présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, reconnaît que l'installation de ces classes modulaires n'est pas la solution idéale, mais elle la considère inévitable pour la rentrée. Elle souhaite obtenir la collaboration des arrondissements touchés par l'explosion de clientèle.

« Le nombre d'élèves est plus élevé que les livraisons d'agrandissements et de constructions, parce qu'on a plus d'élèves que ce qui était prévu dans les statistiques du ministère [de l'Éducation], puis parce que le ministère n'inclut pas l'immigration et les développements résidentiels dans ses données statistiques ».

La présidente de la CSDM affirme par ailleurs que ces classes modulaires sont là « pour une période minimale de cinq ans parce qu'il y a une question financière dans l'installation et la location ». Elle ajoute que « pour faire des agrandissements ou des constructions [d'écoles], ça prend entre trois et cinq ans ».

À propos de l'esthétisme de ces bâtiments temporaires, Catherine Harel-Bourdon dit que les fabricants de classes modulaires ont amélioré leurs produits.

Le ministère de l'Éducation est pour sa part invité par la présidente de la CSDM à financer davantage les projets d'agrandissement et de construction d'écoles à Montréal. « On a déposé pour 180 classes de demandes au mois de septembre, puis on a même bonifié au ministère dans les derniers mois. Donc, la solution passe par une acceptation des projets », résume-t-elle.

La pénurie de terrains et leur coût demeurent également un obstacle à la construction d'écoles à Montréal. Les commissions scolaires pressent d'ailleurs la Ville de jouer son rôle à ce chapitre.

Selon Catherine Harel-Bourdon, l'installation d'unités modulaires, « c'est triste, mais à un moment donné, il y a une limite à tasser les enfants à l'intérieur d'un milieu. Ces unités vont donner de l'air », conclut-elle.

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