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Les commissions scolaires en quête de locaux pour des milliers de nouveaux élèves à Montréal

Conséquence de l'afflux de demandeurs d'asile, les écoles de Montréal accueillent depuis le début de l'année un nombre record de nouveaux élèves – un flot continu de plus d'une centaine d'enfants par semaine –, tant et si bien qu'elles manquent de locaux et parfois de personnel.

Les écoles de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) ont reçu 2600 nouvelles inscriptions depuis la rentrée automnale, comparativement à une moyenne de 1000 au cours des dernières années. « Ce qu’on observe, c’est environ une cinquantaine par semaine. Ça, c'est du jamais vu! » s'exclame la présidente de la CSMB, Diane Lamarche-Venne.

À la Commission scolaire de la Pointe-de-l'Île (CSPI), les écoles ont reçu 1900 nouveaux élèves depuis le début de l'année scolaire. C’est plus du double de la normale.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) en est quant à elle à plus de 1000 nouvelles inscriptions, dont 400 au cours du seul mois de janvier.

Environ les trois quarts de ces nouveaux élèves sont des enfants de demandeurs d'asile; les autres sont des enfants arrivés au pays avec leurs parents par le processus normal d'immigration.

Les écoles de Montréal réussissent tant bien que mal à loger tous ces nouveaux élèves. Certaines ont créé des classes temporaires dans les gymnases, les bibliothèques ou les locaux d'arts plastiques. D'autres ont commandé des classes « portables », qui prennent la forme de structures modulaires préfabriquées.

Un mécanisme de création de nouvelles classes en cours d'année existe dans les trois commissions scolaires de Montréal. Il est bien rodé, mais les nouveaux élèves ne cessent d'affluer et les écoles devront redoubler d'ingéniosité pour réussir à leur trouver une place.

« On fait notre possible », dit Diane Lamarche-Venne, qui prévoit l'utilisation d'une trentaine de salles de classe préfabriquées à la CSMB, car la marge de manoeuvre dont elle disposait a fondu. « C’est certain qu’on avait des agrandissements qui étaient à notre disposition en septembre cette année, qui étaient prêts, ajoute-t-elle. On en avait dans certains milieux : à ville LaSalle, à Saint-Laurent, à Mont-Royal. Mais tout ça est plein au moment où on se parle. »

Son équipe est prête à faire face à la situation jusqu’en mars et planche sur des solutions « créatives » pour la fin de l’année scolaire.

Personnel recherché

Le recrutement d'enseignants représente lui aussi un défi pour les écoles. Elles ont réussi à pourvoir la plupart des postes nouvellement ouverts.

« On est en recrutement continuel », signale Mme Lamarche-Venne. « C’est de plus en plus difficile […] et vraiment, encore une fois, ça demande beaucoup de créativité. »

Et il y a l'enjeu du transport scolaire, puisque les classes d'accueil et de francisation, que de nombreux enfants doivent fréquenter avant d’aller à l’école de leur quartier, ne sont pas nécessairement situées dans les quartiers où ils habitent. Le transport en autobus est donc parfois un peu long, mais rien de déraisonnable, dit-on.

Le budget pédagogique de chaque école est bonifié en fonction du nombre de nouveaux élèves, mais le budget administratif, lui, n'est ajusté que l'année suivante. Cela signifie que certaines écoles devront attendre l'an prochain pour avoir droit à un directeur adjoint ou une secrétaire supplémentaire, par exemple.

« Même si c'est pas facile, on est là, on relève le défi », affirme la présidente de l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire (AMDES), Hélène Bourdages. Elle souhaiterait toutefois que les commissions scolaires fassent preuve de plus de flexibilité et qu’elles approuvent l'embauche d'adjoints même en cours d'année.

Pendant ce temps, les demandeurs d’asile continuent d’arriver à la frontière canado-américaine et un grand nombre d’entre eux viennent s’établir à Montréal. Tout porte à croire que de plus en plus d’enfants auront besoin d’aller à l’école.

Avec les informations de René Saint-Louis

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