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Les débris de l'échangeur Turcot recyclés et réutilisés dans la nouvelle structure

La démolition de l'échangeur Turcot va laisser derrière elle des milliers de tonnes de béton et d'acier, mais la majorité des débris seront recyclés pour construire la nouvelle structure, qui doit être inaugurée dans quatre ans.

Un texte d'Olivier Bachand

Tel un ogre à l'appétit insatiable, un immense concasseur broie les débris de l'échangeur Turcot sur le chantier du plus important projet routier de la province.

Chaque jour, il avale de 1000 à 1500 tonnes de béton et d'asphalte, qu'il recrache en petits morceaux. Ce mélange ne prend pas le chemin des poubelles, mais est plutôt récupéré pour les travaux de réaménagement de l'échangeur.

« On a une équipe qui démantèle une structure de béton, qui récupère le fer, qui retire les matériaux non désirables. Ensuite, on transporte les débris sur le site de concassage où on fait le mélange asphalte-béton », explique le surintendant au démantèlement du consortium KPH-Turcot, Robin Carbonneau, qui est le chef d'orchestre de cette vaste opération de recyclage.

Le mélange d'asphalte et de béton est ensuite utilisé comme remblais dans la construction du nouvel échangeur, c'est-à-dire pour la fondation des tronçons routiers. Il entre également dans la composition de l'asphalte et de la structure de béton du projet Turcot.

L'acier est quant à lui retiré et envoyé à des recycleurs privés.

Gros contrat de recyclage

Le consortium qui exécute les travaux, KPH Turcot, a d'ailleurs des exigences à respecter quant au recyclage des matériaux. En vertu du contrat conclu avec le ministère des Transports du Québec, un minimum de 25 % de matériaux recyclés doit être inclus dans l'asphalte du nouvel échangeur, 10 % dans les fondations de routes et 8 % dans la structure.

« La majorité des débris de l'échangeur Turcot va être réutilisée dans la construction du futur Turcot, donc il y aura un peu de l'ancien Turcot dans le nouveau », lance le directeur adjoint du projet Turcot au ministère des Transports du Québec (MTQ), Stéphane Audet.

En fait, les quelque 330 000 mètres cubes de béton de l'actuel échangeur Turcot seront entièrement recyclés et auront une deuxième vie dans la structure qui est en train d'être construite.

Au-delà des bénéfices environnementaux, la récupération des matériaux est aussi avantageuse sur le plan financier, puisqu'elle permet de réduire les achats de matériaux neufs.

Sécuritaire, le vieux béton?

Au cours des dernières années, l'échangeur Turcot a souvent fait parler de lui en raison de son délabrement.

Plusieurs reportages ont fait état de morceaux de béton qui s'étaient détachés de la structure pour ensuite tomber au sol, suscitant l'inquiétude des automobilistes qui empruntent cet important lien autoroutier.

L'utilisation de ce béton, coulé dans les années 1960, pour la construction du nouvel échangeur n'est pas dangereuse, affirme le MTQ.

« Le matériau qui va entrer dans la composition du futur béton et du futur asphalte est travaillé et retravaillé. Il doit avoir les caractéristiques minimums qui sont les mêmes qu'un matériau qui serait neuf. Donc il n'y a aucune crainte à avoir, le matériau qui va résulter du projet Turcot va avoir les caractéristiques du matériau neuf », explique Stéphane Audet.

Échéancier et budget

Le MTQ soutient que l'échéancier du projet Turcot est respecté jusqu'à présent et que les travaux doivent prendre fin en 2020 comme prévu.

Le ministère affirme également que le budget de 3,67 milliards de dollars ne devrait pas être dépassé.

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