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Les dieux du stade jouent peut-être à Montréal

Le Red Bull Arena n'est plus si hostile parce que l'Impact de Montréal vient de décorner les invincibles taureaux. Cette victoire, la bande à Mauro Biello ne l'a pas volée. Elle se l'est juste offerte en cadeau. C'était une première en huit matchs au domicile des Red Bulls.

Un texte de Jean-François Poirier

Bien sûr que l'arrêt de Bush sur le tir de pénalité a changé la donne. Autour de moi, les partisans des Red Bulls ont aussitôt lâché un : « Oh no! » avant de traiter Donadel de tous les noms pour son coup de coude sur le nez de leur joueur étoile Sacha Kljestan.

Curieusement, c'est ce même Kljestan que Bush a frappé de plein fouet avec un arrêt à l'effet assommoir. Pauvre lui, après le nez, il a le coeur qui saigne aujourd'hui parce les Red Bulls comptaient sur lui pour éclipser Ignacio Piatti.

Le magicien

« Nacho » a réussi deux buts. Ce n'est pas si étonnant puisqu'il a touché la cible 17 fois durant la saison. L'Argentin a du mordant ces temps-ci et ce ne sont pas des taureaux intimidants qui allaient le ralentir. À vrai dire, les Red Bulls ont foncé dans un mur et sont tombés dans le piège que les Montréalais leur avaient tendu.

Bien sûr que si Piatti n'avait pas choisi la 54e minute pour sortir un lapin de son chapeau, les rivaux de l'Impact auraient peut-être fini par percer cette défense qui se croit tout permis.

Mais l'Argentin fait de la magie. C'est le capitaine Bernier qui le dit. Sa frappe du pied gauche après une feinte à faire rougir les illusionnistes a ébloui la foule new-yorkaise. J'ai même cru entendre les partisans de l'Impact au balcon supérieur pousser un soupir de soulagement. Oui, je pouvais, même si loin d'eux, parce qu'autour de moi c'était soudainement si silencieux...

Négligés? Plus maintenant!

Bien sûr que l'Impact avec Drogba perd son statut de négligé. L'Ivoirien n'a même pas joué 15 minutes, mais il a tout de même eu le temps d'offrir à Piatti son deuxième but après la course folle de Dominic Oduro qui venait encore de devancer son ombre.

Il fallait voir Drogba avec ses coéquipiers à quelques heures du match. C'est fou comment sa présence ne laisse personne indifférent. Il commande le respect et ne déteste pas ça.

Ta job ou ton job?

Dans le lobby de l'hôtel, je l'entendais dire à un membre du personnel de soutien de l'équipe qu'il ne devait pas dire « ma job », mais plutôt « mon job ». Bien sûr que Didier ne posera pas sa candidature à la présidence de l'Office de la langue française, mais ce que je veux démontrer, c'est qu'il a toujours son mot à dire.

Drogba ne faisait que s'amuser avec un partenaire. Animer la discussion. Durant la promenade du dimanche matin des joueurs au bord de l'eau, le vieux routier faisait rire de bon coeur Hassoun Camara et Wandrille Lefevre. Je ne connais pas le thème de leur conversation, mais ces gars-là avaient l'air heureux ensemble.

Oui, la victoire est un puissant aphrodisiaque. Les joueurs de Mauro Biello s'aiment, Mauro Biello aime ses joueurs et le public les aime aussi. Même Drogba aimait les journalistes! Il s'est permis de poser une couronne sur la tête du collègue de RDS Patrick Friolet pendant que celui-ci enregistrait une intervention après le match. Je vous le dis, c'est l'amour.

La prochaine mission de Drogba aura lieu au stade olympique sur la surface synthétique maudite. Oubliez les complaintes, il sera là. Parce que ça vaut la peine de ne pas laisser tomber ceux qu'on aime pour aller frapper des ballons avec son pied.

Comme le phoque en Alaska, le Toronto FC pourrait s'ennuyer en maudit si le stade olympique est rempli le 22 novembre.

Les dieux du stade jouent peut-être à Montréal.

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