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Les efforts de recrutement vont bon train à la CSDM

Le recours à des enseignants retraités est l'une des mesures qui permettent à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) de remédier au manque de suppléants.

Un texte de Marie-France Bélanger

Pour Danielle Montcenis, la retraite a été de courte durée. L’enseignante, officiellement retraitée depuis l’an dernier, a repris du service cet hiver, à l’école primaire Dollard-des-Ormeaux, où elle a fait carrière pendant 20 ans.

Elle adore son nouveau statut de suppléante, qui lui procure le meilleur des deux mondes, soit le plaisir d’enseigner sans les responsabilités d’un titulaire de classe à temps plein.

« C'est assez plaisant et c'est beaucoup moins fatiguant, ajoute-t-elle. Vous n'avez pas les réunions, vous n'avez pas les examens à faire passer. »

Danielle Montcenis a été accueillie à bras ouverts par la directrice de l’école Dollard-des-Ormeaux, Linda Simard, qui doit répondre quotidiennement aux besoins de remplacement.

« Ils ont plusieurs années d'expérience, ils ont fait tous les niveaux scolaires, ils ont accumulé beaucoup de trucs et peuvent s’adapter facilement aux besoins de nouveaux élèves », souligne la directrice

Danielle Montcenis figure parmi la vingtaine d’enseignants retraités qui ont répondu à l’appel de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

Des mesures ciblées

En février 2017, la CSDM, dans un geste exceptionnel, avait tendu la main à ses enseignants retraités pour répondre aux demandes de remplacement.

Pour combler ses besoins de suppléants, la commission scolaire a aussi ouvert ses portes à des étudiants en première année du programme de baccalauréat en éducation, alors qu’avant on privilégiait plutôt ceux de deuxième ou troisième année.

Résultat : la situation s'est améliorée, selon la CSDM. « Ça tend à se résorber », soutient sa présidente, Catherine Harel-Bourdon.

À son avis, il ne manque plus que quelques dizaines de suppléants pour combler les besoins.

Des doutes subsistent

Pour la présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissements scolaires (AMDES), Hélène Bourdages, il est normal que les problèmes de suppléance se résorbent en avril en raison de la fin de session universitaire, qui permet à de nombreux étudiants en enseignement de faire de la suppléance dans les écoles.

Julia Druliolles, commissaire à la CSDM, espère que le problème sera bientôt réglé. À son avis, la situation est toujours préoccupante.

« Quand on sait que le lien avec l’enseignant est le facteur premier de réussite scolaire, c’est sûr que c’est inquiétant », remarque-t-elle. Pour l’instant, elle du mal à dire si la situation s’est réellement améliorée sur le terrain.

L’Alliance des professeurs, qui représente les enseignants de la CSDM, se demande aussi si les nouveaux venus sur la liste de rappel seront assez nombreux pour combler les besoins. Selon le syndicat, il est encore trop tôt pour le savoir.

La CSDM reconnaît que le problème est loin d’être réglé pour de bon, en raison du taux élevé de roulement du personnel enseignant.

La commission scolaire réfléchit maintenant, avec des partenaires, à des moyens innovants pour séduire et retenir les jeunes enseignants. On pourrait, par exemple, leur procurer certains avantages à l'extérieur de l'école, comme un meilleur accès à la propriété, aux transports en commun, ou à des infrastructures sportives et culturelles.

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