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Les employés de l'État maintiennent la pression et restent ouverts au dialogue

Quelque 115 000 travailleurs, notamment de l'éducation et de la santé, sont descendus dans la rue jeudi pour protester contre le peu de progrès dans les négociations avec le gouvernement Couillard. Il s'agit de la quatrième journée de grèves tournantes observée par les employés des secteurs public et parapublic.

Dressant un premier bilan du mouvement, les représentants du Front commun intersyndical se félicitent de la mobilisation des syndiqués. « C'est une grève quasi historique, on n'a pas vu ça depuis 1972 », estime Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Il salue aussi « l'appui de la population » au mouvement de grève.

Fermeté et ouverture aux négociations

Dans un point de presse conjoint, M. Létourneau, ainsi que Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), et Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), ont tour à tour interpellé fermement le gouvernement, tout en laissant la porte ouverte à la négociation. 

Les leaders syndicaux se sont adressés directement à Martin Coiteux, président du Conseil du Trésor. Louise Chabot souligne que la mobilisation des syndiqués est « un message clair au ministre Coiteux [pour] qu'il délie les cordons de la bourse, qu'il arrête de défendre l'indéfendable au nom du déficit zéro. On sait qu'au niveau des revenus de l'État, il y a une capacité de payer ». 

La présidente de la CSQ refuse que l'on parle des employés de l'État comme d'une dépense. « Les travailleurs et travailleuses de la santé et de l'éducation, c'est aussi un investissement en terme de développement économique. C'est aussi un investissement pour la société. Il ne faut pas le voir comme une dépense », dit-elle.

« On demande à M. Coiteux de prendre au sérieux ce qu'on lui a servi cette semaine », met en garde pour sa part le président de la FTQ. Daniel Boyer rappelle du reste qu'« il y a une deuxième série de grèves qui va débuter dans la semaine du 9 novembre ». 

Cela étant dit, M. Boyer précise qu' « on ne veut pas faire la grève, on veut négocier les conditions de travail pour l'ensemble de nos membres. [...] On veut négocier de bonne foi, on veut signer une convention collective le plus rapidement possible ».

Coiteux intransigeant

En entrevue à l'émission Gravel le matin, le président du Conseil du Trésor est demeuré inflexible. Martin Coiteux affirme que le gouvernement « va faire des choses qui sont à l'intérieur de balises responsables ».

Le Saguenay, l'Outaouais, l'Abitibi, le Nord-du-Québec, les Laurentides et Lanaudière pourraient être touchés par un autre mouvement de débrayage tant qu'il n'y aura pas d'avancées dans les négociations en cours.

Les syndicats n'ont pas manqué de souligner l'investissement du gouvernement libéral dans la compagnie Bombardier, alors qu'eux demeurent toujours sans contrat de travail. 

Martin Coiteux précise qu'il ne faut pas établir de lien entre les investissements du gouvernement et le contrôle de ses dépenses courantes.

Le Front commun intersyndical, qui représente quelque 400 000 employés de l'État, réclame des augmentations salariales de 4,5 % par année pendant trois ans. Le gouvernement offre deux années de gel salarial suivies d'augmentations de 1 % par année pendant trois ans.

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