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Les enseignants dénoncent le manque de ressources en éducation

Après les infirmières du Québec, c'est au tour des enseignants de dénoncer un manque de ressources dans le milieu de l'éducation.

De nombreux enseignants ont répondu à l'appel de Québec solidaire et ont participé, samedi, à une rencontre organisée par le parti à l'école secondaire Père Marquette, à Montréal, afin de trouver des solutions aux problèmes les plus urgents.

Québec Solidaire souhait lancer le débat public et réclamer un réinvestissement en éducation.

Tout comme Amir Khadir qui avait invité les infirmières à se vider le coeur, Gabriel Nadeau-Dubois a convié les enseignants à une discussion du genre assemblée de cuisine.

« J'avais envie d'entendre les gens qui travaillent au jour le jour dans nos écoles, les entendre sur ce qu'ils vivent au quotidien, mais aussi les entendre sur les solutions », a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois.

De la grogne

Ces derniers en avaient long à dire. Il faut dire que la grogne continue dans le milieu de l'enseignement où la surcharge de travail, la précarité et le manque de ressources semblent être devenus la norme. Un grand nombre d'enseignants quittent la profession après cinq ans.

Nathalie Prindle, une enseignante qui travaille à la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, considère que les nouveaux enseignants ne sont pas formés adéquatement pour faire face à la réalité des classes actuelles.

« C'est que la tâche est tellement lourde. On nous demande de faire tellement de choses qui ne sont pas le rôle d'un enseignant. Un enseignant qui sort du bac en enseignement, c'est un enseignant qui est formé pour enseigner aux réguliers, à des enfants qui n'ont pas de problématique. Ce n'est pas la réalité des classes aujourd'hui », affirme-t-elle.

De son côté, Marielle Nadeau, enseignante à la Commission scolaire de Montréal, estime que les enseignants en ont beaucoup sur les épaules.

« Dans les 21 heures par classe que les enfants ont à faire, les enseignantes doivent compenser pour toutes les lacunes des enfants, parce que ce sont des familles en survie. On me demande l'impossible, surtout parce que je travaille avec des enfants en difficultés d'apprentissage », déplore-t-elle.

Manque de locaux

Avec l'intégration des nouveaux arrivants, il manque de locaux dans plusieurs écoles de quartier.

« Nous, les enseignants en arts plastiques, on est obligés d'enseigner sur des chariots. On se déplace de classe en classe, on n'a pas de lavabo. On empiète sur le "territoire" des titulaires qui s'imaginent que les classes leur appartiennent », illustre Chantal Bethiaume, enseignante à la Commission scolaire de la Pointe de l'île.

Une enseignante à la Commission scolaire de Montréal, Isabelle Dancause, dénonce pour sa part les conditions de travail des enseignants.

« La situation n'est guère meilleure loin des grands centres. On combine souvent deux niveaux de classes », ajoute-t-elle.

Une première

Mais pourquoi venir en discuter avec le parti qui a le moins de chance de remporter la prochaine élection?

« C'est la première fois que je vois une assemblée publique comme ça pour discuter d’enseignement. Si la CAQ en faisait, le Parti québécois en faisait, le Parti libéral en faisait, j'y serai! » répond Nathalie Prindle.

Dans son dernier budget, après des années de compressions, le gouvernement Couillard a annoncé une augmentation de ses dépenses en éducation. Cela doit se traduire par l'ajout de 3100 professionnels dès cet automne pour accompagner les élèves.

Le groupe Profs en Mouvement compte présenter une série de témoignages au ministre de l'Éducation du Québec, Sébastien Proulx, au cours des prochains jours.

Avec les informations de Mélissa François et de Michel Marsolais

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