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Les enseignants déterminés à se faire entendre de Couillard

Le bras de fer entre les enseignants et le gouvernement de Philippe Couillard s'est joué en partie dans la rue, mercredi, où 34 000 enseignants ont tenu la première des trois journées de grève tournante inscrites au registre de leurs moyens de pression.

La manifestation, orchestrée par la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), un regroupement de huit syndicats, s'est tenue au centre-ville de Montréal, mais le mouvement de grève a été aussi observé à Laval, dans les Basses-Laurentides, en Outaouais et dans une partie de la Montérégie.

Environ 275 000 élèves du primaire et du secondaire ont été mis en congé forcé. En incluant l'éducation aux adultes, la formation professionnelle et la francisation, le nombre d'élèves touchés a atteint 370 000.

La FAE tiendra deux autres journées de grève. La deuxième sera fixée entre le 14 et le 30 octobre. Le syndicat garde la troisième journée dans sa manche.

Aux yeux du ministre de l'Éducation, François Blais, ce mouvement de grève fait en sorte que « les perdants, ce sont les enfants et les parents ».

Ce à quoi le président de la FAE, Sylvain Mallette, réplique que ce sont « les élèves qui fréquentent l'école publique qui souffrent depuis 10 ans parce qu'on impose des compressions aux écoles publiques qui totalisent plus d'un milliard de dollars ».

Reconnaissant que la grève des enseignants comporte des désagréments pour les parents, M. Mallette estime qu'ils doivent se poser la question suivante : « Qu'est-ce qui est le plus dommageable? Une journée de grève ou tout un parcours scolaire où l'enfant n'a pas accès à des services? »

La décision de faire grève n'est pas facile à prendre, d'ajouter le président de la FAE « car les profs décident de se couper une journée de salaire et c'est Philippe Couillard qui est responsable [...] du blocage à la table de négociation ».

Les enseignants réclament des augmentations de salaire de 13,5% sur trois ans, ce que le ministre de l'Éducation François Blais qualifie « d'impossible pour les contribuables ». Les enseignants affirment par ailleurs que le gouvernement veut accroître leur charge de travail, ce que nie le ministre Blais.

Une fois les pancartes rangées...

Le représentant syndical avance que les négociations pourraient être réglées en un mois.

« Les négociations ne sont pas rompues, a expliqué Sylvain Mallette sur les ondes d'ICI Radio-Canada première. Rien n'a bougé et ce n'est pas le dépôt patronal qui nous a été présenté le 22 septembre qui a amélioré les choses. Cependant, nous avons l'intention de poursuivre la négociation. Nous l'avons fait clairement comprendre. »

C'est peut-être le seul point sur lequel les enseignants et le premier ministre Philippe Couillard s'entendent à l'heure actuelle : les parties doivent poursuivre leurs pourparlers.

« Je ne peux que répéter qu'on veut avoir une entente négociée », a affirmé M. Couillard en début de journée, ajoutant d'un même souffle « qu'un dollar mis en convention collective » ne va pas améliorer nécessairement les services aux élèves.

Philippe Couillard cite en exemple l'entente tout juste conclue avec les municipalités « dans le cadre financier qui est celui de la réalité des finances publiques du Québec ». Le premier ministre affirme qu'au passage le gouvernement et les villes ont profité de l'occasion « pour améliorer les choses ». « On veut avoir la même approche en éducation », dit-il. 

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