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Les entreprises d’économie sociale : un modèle rentable 

Au Québec, il existe une cinquantaine d'entreprises d'économie sociale qui se spécialisent dans l'insertion sociale. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, elles sont non seulement rentables, mais très profitables pour les contribuables québécois et canadiens.

Ces entreprises offrent une passerelle vers le marché du travail à des personnes en difficulté, jeunes ou adultes. La directrice générale d'Atelier Éclipse, une boutique de Saint-Jérôme qui fabrique des accessoires de mode, assure que ce genre d'entreprise est viable.

« Elles sont rentables sur le plan financier et elles sont rentables sur le plan social. On investit dans le capital social, on n'a pas les moyens de se passer de talents. C'est un lieu d'inclusion qui profite à tous », affirme Manon Mongrain.

Les employés en insertion sociale reçoivent le salaire minimum, qui est subventionné par Emploi Québec. Cet investissement est profitable pour les contribuables, selon une étude réalisée par des économistes sur les entreprises d'insertion sociale du Québec.

« Le modèle d'entreprise d'insertion comme il s'est développé au Québec, c'est unique dans le monde, on est reconnu, on est cité internationalement », explique le directeur général du Collectif des entreprises d'insertion du Québec (CEIQ), Richard Gravel.

Ce dernier cite notamment des gains nets en activités économiques, en « production de biens et services », et en réduction de coûts sociaux tels que l'assurance emploi ou l'assurance santé.

« Si tout le monde comprenait ça, ce serait un pas de géant dans notre société », martèle l'agent de développement chez Atelier Éclipse, Pascal Douville.

Pascal Douville est en quelque sorte l'architecte des produits et la tête pensante de la partie « affaires » de la boutique Éclipse. Il a travaillé avec des grands de la mode tels que Philippe Dubuc, Denis Gagnon, et même le Cirque du Soleil.

Dans l'atelier de couture Éclipse, les travailleurs confectionnent des sacs en bandoulière, des coussins et d'autres accessoires colorés, en recyclant d'anciennes banderoles publicitaires.

L'entreprise allie production, vente et insertion sociale, grâce à la formation. Louise Blais termine son apprentissage de six mois et elle assure que sa famille s'est aperçue à quel point ce travail avait changé sa vie.

« Ça faisait quelques années que j'étais sans emploi, en ayant une fille à ma charge. J'étais mère monoparentale, j'ai dû la laisser à son père parce que je ne travaillais pas, en venant ici », raconte-t-elle.

Aujourd'hui, elle a davantage confiance en elle et se sent plus forte pour se lancer sur le marché du travail. « J'ai envoyé des CV et j'ai eu deux entrevues la semaine passée, et ça s'est super bien passé », dit-elle.

Quand Louise quittera l'entreprise, elle sera remplacée par une autre personne, qui devra être formée et encouragée à son tour.

Avec les informations de Julie Marceau.

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