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Les fraudeurs à l'assaut des sites de recherche d'emploi

EXCLUSIF - Faites bien attention lorsque vous déposez un chèque dans votre établissement bancaire. Même si le montant inscrit apparaît sur votre relevé bancaire, cet argent pourrait vous être débité. Une utilisatrice du réseau social LinkedIn l'a appris à ses dépens, en perdant plus de 8000 $ à la suite d'une fraude.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

À la recherche d'un emploi, Nadine Bourgeois a reçu un courriel d'un prétendu employé d'une importante firme japonaise abonnée au réseau LinkedIn. Il lui offre de devenir agente de recouvrement pour la firme. Curieuse, Mme Bourgeois, également inscrite sur LinkedIn, fait quelques vérifications puis signe un contrat d'embauche.

Son travail consiste donc à récupérer auprès d'entreprises établies au Canada de l'argent dû à son nouvel employeur et de lui transférer les sommes réclamées. En retour, celui-ci offre une commission de 5 %.

Un stratagème perfectionné 

Dans les jours qui suivent son embauche, Nadine Bourgeois reçoit un premier mandat : contacter une soi-disant entreprise qui doit près de 900 000 $. Rapidement, celle-ci lui fait parvenir par courrier recommandé un chèque de 8240,06 $ pour payer une partie de sa dette.

La nouvelle agente de recouvrement dépose ce chèque dans son compte personnel : « La banque m'a expliqué qu'il y avait une période de retenue des fonds de huit jours ouvrables. J'ai attendu les huit jours ouvrables, j'ai vérifié, les fonds étaient disponibles ». Elle retranche donc ses 5 % de commission, puis transfère la somme de 7828,06 $ à son présumé employeur.

Plusieurs jours après que le montant eut été inscrit sur le relevé bancaire de Nadine Bourgeois, sa banque lui renvoie le chèque déposé avec la mention « altération substantielle » signifiant que le chèque est un faux.

Le montant de 8240,06 $ crédité à son compte quelques jours auparavant est retiré. Nadine Bourgeois vient de perdre beaucoup d'argent : « Si j'avais su que l'argent après huit jours ouvrables n'était pas réellement disponible, que la banque n'avait pas reçu l'argent de l'autre institution financière, je n'aurais jamais fait le transfert. Jamais », se désole-t-elle.

Les banques ne peuvent rien garantir

La Banque Nationale, l'institution financière de Nadine Bourgeois, a aussi refusé d'accorder une demande d'entrevue à Radio-Canada, se référant plutôt à la convention remise à ses clients.

Un chèque « altéré » comme celui qu'a reçu Mme Bourgeois peut être retourné dans les 90 jours, selon l'Association canadienne des paiements.

Michel Deschamps, avocat spécialiste en droit bancaire chez McCarthy-Tétrault est plus direct : « Si l'institution sur laquelle le chèque était émis ne découvre l'altération qu'après un délai de 90 jours, l'institution pourrait se retourner contre votre banque et votre banque pourrait se retourner contre vous », explique-t-il.

En somme, la période de retenue des fonds ne garantit pas que le chèque déposé est bon.

Une fraude répandue

Des avocats et d'autres professionnels du Québec se seraient aussi fait prendre et auraient perdu des dizaines de milliers de dollars dans des fraudes similaires.

Le stratagème des faux chèques devient de plus en plus sophistiqué, selon François Daigle, spécialiste en sécurité de l'information chez OKIOK, une entreprise qui offre des services en matière de protection de l'information sur le web. L'expert en sécurité formule d'ailleurs une mise en garde à l'intention des internautes qui sont en pleine recherche d'emploi.

« Il y a plein de faux profils, de faux profils Facebook, de faux profils LinkedIn. [Méfiez-vous] si vous vous retrouvez dans une situation où l'employeur vous dit : ''Fais-moi confiance, encaisse un chèque et envoie-moi la différence.'', non, non, non, ça ne fonctionne pas comme ça. »

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