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Les frotteurs négatifs des trains AZUR du métro seront remplacés

La Société de transport de Montréal (STM) a constaté que l'usure accélérée des frotteurs négatifs des voitures AZUR provoque une « rugosité » sur certaines portions des rails du métro, un problème lié à la panne de plus de 10 heures survenue sur une portion de la ligne orange, le 14 janvier dernier.

Les frotteurs sont essentiels parce qu'ils servent à maintenir le contact électrique entre le rail et le train.

Le type d’alliage qui compose les embouts de bronze de ces pièces cause une plus grande friction sur les nouvelles voitures AZUR. De petites particules de métal se détachent, s'accumulent et se soudent aux rails, causant ainsi encore plus de cette rugosité.

Pour régler ce problème, les frotteurs négatifs des voitures AZUR seront remplacés par des pièces provenant des wagons plus anciens, les MR-73, sur lesquels on n'a pas observé ce phénomène.

La remise en service des AZUR annoncée le 27 janvier dernier ne s'est donc pas faite au rythme prévu. Pour le moment, les frotteurs d'une seule de ces voitures ont été remplacés. Les modifications sur deux autres trains doivent être complétées d'ici vendredi, ce qui permettra de les ramener sur le réseau.

Des travaux correctifs sur les voies se sont poursuivis en parallèle. La STM dit avoir réglé le problème de « force latérale » constaté le mois dernier.

Des ajustements prévisibles

Pour le directeur en ingénierie, infrastructures et projets majeurs de la STM, François Chamberland, des ajustements étaient à prévoir avec l'arrivée de nouvelles voitures. « Il faut comprendre que chaque introduction d’un nouveau matériel roulant vient toujours avec son lot d’ajustements mécaniques ou électriques, ou les deux. Ça se vit dans tous les réseaux de transport en commun qui ont des métros », a-t-il dit en conférence de presse.

Le directeur général de la STM, Luc Tremblay, s'est voulu rassurant sur les coûts de l'opération de remplacement. « Un frotteur, ça ne coûte pas tellement cher, à peu près 100 $ la pièce. De faire ces modifications-là, on ne parle pas de coûts exorbitants et c'est des coûts prévus, de toute façon, dans le projet. On a des coûts de projets, on a de la contingence dans le projet, ça va rentrer dans ce coût-là », a-t-il affirmé.

La STM affirme que l'impact de l'absence de la douzaine de voitures AZUR retirées de la circulation est minime et que l'attente est augmentée tout au plus de 30 secondes en heures de pointe. Des employés sont présents sur les quais pour faciliter l'embarquement et le débarquement. « C’est certain qu’on est très conscient qu’il y a plus de gens dans les trains. Le retrait d’AZUR a un impact sur la quantité de gens dans les trains et sur les quais », a admis la directrice de l'exploitation des stations, Marie-Claude Léonard.

Le président du conseil d'administration de la STM, Philippe Schnobb, a insisté sur le fait que trois trains seraient déjà de retour vendredi. « La remise en service des autres sera faite en fonction des observations sur ces trois trains-là et aussi par rapport au délai d'approvisionnement des pièces nécessaires pour les ajustements », a-t-il déclaré.

Dans un communiqué, la STM affirme qu'« un suivi des approvisionnements sera réalisé quotidiennement en collaboration avec le Consortium Bombardier-Alstom ». La société de transport indique qu'elle a fait appel à des experts internationaux pour l'aider à résoudre le problème.

Avec des informations de Benoît Chapdelaine et Louis de Belleval

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