Le métro de Montréal célébrera ses 50 ans vendredi prochain. Toujours aussi populaire avec ses 200 000 usagers à l'heure de pointe du matin, le métro voit encore plus grand et a de nombreux projets pour les prochaines années. Aura-t-il les moyens de ses ambitions?

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

Sans détour, le président du conseil d'administration de la Société de transport de Montréal (STM), Philippe Schnobb, affirme que le maintien des infrastructures est la priorité. À 50 ans, le métro a besoin d'une cure de jeunesse. « Année après année, on dépense près de 500 à 600 millions de dollars pour le maintien des infrastructures en tant que tel », souligne-t-il.

D'ici 2030, près de 11 milliards de dollars auront été investis pour maintenir le métro en bonne santé.

Alors que les trains MR-73 et MR-63 se font vieillissants, déjà sept nouveaux trains AZUR circulent sur la ligne orange. Résolument modernes - plus silencieux lors des arrêts et plus spacieux -, ces véhicules feront partie intégrante du métro de demain.

D'ici 2018, 52 trains de neuf voitures circuleront sur le réseau. La STM espère ainsi réduire l'entassement et améliorer l'efficacité du service.

Autre chantier important pour le métro de Montréal : un réseau cellulaire sur l'ensemble du réseau.

On en parle depuis des années et ce sera bientôt chose faite. « D'ici deux ou trois ans, le réseau complet devrait être branché, en incluant les tunnels », selon le président de la STM.

Déjà, certaines portions de la ligne orange et de la ligne verte permettent aux usagers d'utiliser leur téléphone portable lors de leurs déplacements.

Des élus et des usagers veulent que le métro se rende plus loin. Neuf ans après le prolongement du métro vers Laval, le maire Marc Demers souhaite voir apparaître de nouvelles stations dans sa ville d'ici cinq ans. « À court terme, dit-il, on devrait travailler sur la ligne orange, sur la traversée dans le secteur de Chomedey en passant par Ville Saint-Laurent et Sainte-Dorothée. Ça servirait [à] l'ensemble de la région métropolitaine. »

« Québec était en réflexion et on attend des réponses », poursuit M. Demers.

Même son de cloche à Longueuil, où un prolongement de cinq kilomètres sur la ligne jaune est attendu depuis très longtemps. « Il y a beaucoup d'études qui ont été faites sur la faisabilité technique de ce prolongement-là. Là, il faut prendre la décision et débloquer l'argent pour réaliser le projet », soutient le directeur général du Réseau de transport de Longueuil (RTL), Michel Veilleux.

Mais selon le site Internet de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), la priorité est le prolongement de la ligne bleue. « D'après nos études, il entraînera à terme un achalandage journalier de plus de 80 000 usagers », peut-on y lire.

Toutefois, le projet piétine. Le député de Saint-Léonard-Saint-Michel, Nicola Di Iorio, lance un appel à la population pour faire bouger les choses. « En démocratie, il faut toujours être interpellé au quotidien. Si les citoyens veulent cet ouvrage majeur, ils vont devoir se mobiliser », dit-il.

Le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports, Laurent Lessard, a décliné notre demande d'entrevue sur l'avenir du métro de Montréal.

En ce qui concerne l'expansion de son réseau, le président de la STM ne peut en dire plus. « Tout ça, c'est une responsabilité qui va échoir à la nouvelle agence [l'Autorité régionale de transport métropolitain]. Vous savez qu'il y a une réforme de la gouvernance dans la région. Il y a une nouvelle agence qui va avoir la responsabilité de regarder ça dans un contexte global et de décider où seront faits les prochains prolongements », a expliqué Philippe Schnobb.

Il reviendra donc à l'Autorité régionale de transport métropolitain de décider en partie de l'avenir du métro de Montréal.

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