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Les grands-parents tués à Sainte-Catherine auraient « tout fait » pour aider leur petit-fils

Jeannot Junior Cormier, la barbe fournie, un chandail ample, semblait chétif dans le box des accusés, mardi, lors de sa comparution au palais de justice de Longueuil. La drogue a pris le contrôle de sa vie, affirment ses proches, peut-être même jusqu'à l'amener à commettre l'irréparable.

Un texte de Geneviève Garon

« C’est épouvantable », laisse tomber Loïc Chambault, joint au téléphone alors qu’il est en vacances en Bretagne. L’ami du couple Chapdelaine-Jourdain peine à réaliser ce qui est reproché au « petit Junior », comme il l’appelle. « Je ne comprends pas, je n’arrive pas à trouver d’explication rationnelle... Pourquoi il aurait fait ça? »

Jeannot Jr Cormier, 26 ans, est accusé du meurtre prémédité de ses grands-parents qui l’ont élevé depuis son plus jeune âge. Jeannot Chapdelaine, 67 ans, et Simonne Jourdain, 78 ans, ont été retrouvés sans vie dans leur résidence de la rue Forestier, à Sainte-Catherine, lundi matin. Les meurtres auraient été perpétrés deux jours auparavant, soit le samedi 28 octobre, a-t-on appris en cour, sans obtenir plus de détails pour l’instant.

Loïc Chambault est arrivé au Québec avec sa femme il y a 11 ans. Les victimes étaient leurs voisins à Saint-Constant et elles les ont accueillis à bras ouverts, au point de devenir une famille d’adoption. Malgré le déménagement des aînés à Sainte-Catherine, les deux couples sont demeurés très proches.

M. Chambault soutient que les grands-parents ont toujours aidé leur petit-fils entre ses séjours en centre de désintoxication et en prison. « Ils ne voulaient pas l’abandonner et ont tout fait pour qu’il s’en sorte », soutient-il.

Sous l’emprise de la drogue

« Jeannot Jr ne travaillait pas, il voyait ses amis et prenait des drogues fortes : cocaïne, speed... », raconte une amie de longue date de l’accusé, Mélodie Savoie.

La dernière fois qu’elle a échangé avec lui sur les réseaux sociaux, le 16 octobre dernier, le jeune homme lui a parlé de sa récente cure de désintoxication et semblait « bien aller ».

Mélodie assure que son ami n’a jamais été agressif. Elle est tombée des nues lorsqu’elle a appris qu’il avait été arrêté pour le meurtre de ses grands-parents. « Ce n’est pas le Jeannot que je connais », répète-t-elle.

Une autre amie, Audrey Carrier, a aussi bien connu Jeannot Jr Cormier lorsqu’il était jeune adulte. La drogue l’a complètement changé dans les dernières années, selon elle.

Tristement, elle estime que le drame était peut-être prévisible. « C’est atroce, mais ça ne me surprend pas. Je voyais son état se détériorer », affirme-t-elle au sujet de l’accusé.

Elle se souvient de Jeannot Chapdelaine et Simonne Jourdain comme des grands-parents très patients avec l’accusé. « Ils étaient vraiment des gens bien. Jeannot Jr rentrait à des heures de fou. Mais ils étaient aimants et voulaient l’aider. »

Interdit d’aller chez ses grands-parents sans invitation

Jeannot Jr Cormier a eu des démêlés avec la justice au cours des dernières années, notamment pour des affaires de drogue. Le 17 décembre dernier, il a aussi frappé son grand-père avec une poêle de fonte sur la tête. Le tribunal l’a ensuite empêché de se rendre chez ses grands-parents, à moins qu’il n’y soit invité... ce que M. Chapdelaine aurait rapidement fait.

Loïc Chambault affirme que la santé du couple était de plus en plus précaire. « On a failli perdre Jeannot [Chapdelaine] à cause un triple pontage, il y a 4-5 ans », se rappelle-t-il.

Simonne Jourdain, elle, aurait été opérée au dos à plusieurs reprises et tombait de plus en plus souvent. M. Chambault essayait de convaincre ses amis d’aller dans une résidence pour retraités. « On a essayé d’expliquer au petit Junior qu’il devait se prendre en main [...] Quand il était sevré, il était bien correct ». Mais les périodes d’abstinence ne duraient jamais, selon lui.

« C’était notre Père Noël », affirme avec un rire triste Loïc Chambault au sujet de Jeannot Chapdelaine, en repensant à sa barbe blanche et à son fort gabarit. « On s’est vu deux jours avant mon départ et on s’est dit : "À dans trois semaines" », soupire-t-il, déboussolé.

Le dossier judiciaire de Jeannot Jr Cormier a été reporté au 13 décembre prochain. Son avocate a demandé à ce qu’elle puisse le représenter sans qu’il soit présent en salle d’audience. Il demeure détenu.

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