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Les grues du terminal Viau génèrent du bruit... et des plaintes

EXCLUSIF - Des citoyens de l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve se plaignent du bruit généré par les activités du port de Montréal dans le secteur du terminal Viau. Des dizaines de plaintes ont été déposées auprès de la capitainerie ou recueillies par les élus locaux.

Un texte de Vincent Resseguier

Véronick Raymond habite à quelques rues du terminal Viau. Depuis plusieurs mois, les sons qui proviennent du port l’empêchent de dormir. Elle n’est pas la seule dans cette situation.

Comme elle, de nombreuses familles ont vu leur sommeil perturbé et sont éprouvées par le bruit incessant de la machinerie qui retentit dans le quartier.

Les citoyens se plaignent en particulier des alarmes de sécurité installées sur les nouvelles grues du terminal Viau, entrées en fonction l’automne dernier.

À chaque mouvement des grues, les sonneries retentissent, « des sons extrêmement pénibles pour les oreilles », regrette Jean-Marc Ravatel, lui aussi voisin des nouvelles installations portuaires inaugurées l’été dernier. « La fréquence est très pénible, insidieuse et vient se loger au fond de ton cerveau », précise-t-il.

Phénomène étonnant, les nuisances ne touchent pas les voisins immédiats du site, mais plutôt des appartements situés à quelques rues du port. Véronick Raymond explique que les alarmes sont posées en hauteur sur les grues et qu’ainsi, le signal « rebondit beaucoup plus loin ». Elle souligne que le son se comporte de façon aléatoire, selon la direction du vent, les précipitations ou la pression atmosphérique.

Mme Raymond déplore le fait qu’il n’y ait pas eu d'étude d’impact, « comme ça se fait dans tous les ports dans le monde », ni d’opération de cartographie des sons.

Elle propose comme solution à court terme d’installer les alarmes plus près du sol et d’envisager l’installation d’alarmes de type « bruit blanc », dont le signal peut être parfaitement entendu par les travailleurs à proximité, mais qui ont une moindre portée. Une technologie qui serait, selon elle, utilisée dans de nombreux ports européens.

Vers un recours collectif

Véronick Raymond envisage de déposer une requête en recours collectif et affirme que de nombreuses personnes vont la soutenir. Elle a entamé, la semaine dernière, des démarches avec un bureau d’avocats.

Mme Raymond explique être à l’étape de l'évaluation et affirme avoir déjà rassemblé une preuve importante avec des films, des enregistrements sonores et des témoignages.

La conseillère municipale du district de Maisonneuve-Longue-Pointe, Laurence Lavigne Lalonde, de Projet Montréal, admet que, depuis quelques mois, elle reçoit des dizaines de plaintes concernant les activités du port, mais aussi celles des ateliers du CN.

Elle constate que la patience des citoyens est mise à rude épreuve et redoute l'installation prochaine de la Cité de la logistique, sur des terrains adjacents au port de Montréal, ainsi que l’aménagement de « l’autoroute Souligny ». Elle estime qu’il faudrait mener une réflexion sur la légitimité de ces nouveaux projets et qu’il faudrait privilégier des activités qui ne nuisent pas à la quiétude des résidents.

Le port de Montréal cherche des solutions

La vice-présidente aux affaires publiques du Port de Montréal, Sophie Roux, affirme que le problème est pris au sérieux et que des inspecteurs sont dépêchés sur les lieux pour chaque plainte reçue. Elle précise que des simulations ont été faites, l'automne dernier, pour évaluer l’impact sonore, mais que la réalité du terrain est aujourd’hui différente.

Mme Roux soutient que le Port de Montréal cherche des solutions avec le groupe Termont, propriétaire des grues du terminal Viau. Les démarches pourraient cependant prendre plusieurs semaines.

Elle ne privilégie aucune option en particulier, que ce soit l’utilisation de « bruit blanc », la redirection des sons ou le déplacement des alarmes sur la partie basse des grues. « C’est un jeu d’équilibre fragile, parce qu’il en va de la qualité de vie des résidents, mais aussi de la sécurité des travailleurs », conclut-elle.

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