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Les ingénieurs municipaux en grève visitent des chantiers

Une centaine de membres du Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal (SPSPEM), en grève depuis mardi, ont entrepris de visiter des chantiers de la métropole dans le cadre des moyens de pression qu'ils mettent en oeuvre pour réclamer un nouveau contrat de travail.

Après s'être rassemblés au square Victoria, ces ingénieurs, chimistes ou arpenteurs-géomètres, vêtus de noir et munis de sifflets pour se faire entendre, se sont rendus au chantier Bonaventure, situé rue Duke.

Ils y ont nargué des travailleurs de la firme Bau-Val et ont profité de l'occasion pour mettre en évidence les problèmes qui surviennent, selon eux, lorsqu'une entreprise privée développe, surveille et réalise des travaux de construction.

Selon eux, les dépassements de coûts du chantier Bonaventure sont de 2 millions de dollars et la Ville serait sur le point d'approuver 2 millions de plus. Ce chantier, évalué au départ à 18 millions de dollars, serait à moitié effectué. « C'est un contrat qui a été préparé et signé par le privé et présentement on est en dérapage », dénonce André Émond, président du SPSPEM, qui ajoute que « tous les citoyens de Montréal vont payer pour ça ».

M. Émond estime que le Bureau de l'inspecteur général de la Ville de Montréal devrait effectuer des vérifications sur ce chantier.

Les manifestants, qui brandissent des pancartes sur lesquelles on peut lire « Nous sommes le dernier rempart contre la collusion » ou « Gardons la mainmise sur nos projets », se sont ensuite rendus devant un chantier sur l'avenue Durocher, à Outremont.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada en début de journée, André Émond a assuré que les journalistes pourraient y constater « l'inertie » du chantier.

La Ville de Montréal a soutenu mardi que la grève avait forcé l'interruption de travaux sur six chantiers, mais ces données ont été contestées par le syndicat.

« Ça fait 5 ans qu'on attend de régler une convention collective », affirme M. Émond.

Interrogé sur la perception que le public peut avoir de ce mouvement de grève, alors que les chantiers se multiplient à Montréal, le chef syndical ne cache pas une certaine « crainte ».

« Mais il faut comprendre qu'il y a des chantiers qui ne débuteront pas ou qui vont être retardés dans le temps. Donc eux n'auront pas d'impact », souligne-t-il pour calmer les appréhensions, avant d'inviter la Ville à collaborer pour le bien de la population.

« Moi je constate qu'il y a plusieurs chantiers où les cônes sont installés et où il ne se passe rien », dit M. Émond. Dans de tels cas, « l'administration devrait faire tasser les cônes en fond de trottoir et rouvrir les voies ».

Les syndiqués du SPSPEM ont voté à 92 % en faveur de la grève. Leur convention collective est échue depuis plus de cinq ans. Ils soutiennent que l'administration Coderre souhaite réduirede 9 % la rémunération globale de leurs 440 membres, en plus d'exiger d'autres concessions totalisant 12 millions de dollars.

Le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Pierre Desrochers, a plutôt blâmé les syndiqués. Il déplore que le syndicat n'ait « pas bougé du tout » malgré l'offre bonifiée que la Ville leur a récemment présentée.

Avec les informations de Pascal Robidas

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