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Les Innus entendent maintenir la pression pour récupérer la rivière Moisie

Un premier pas a récemment été franchi dans le dossier de la gestion de la rivière Moisie, réclamée par les Innus. La communauté de Uashat-Maliotenam se réjouit de ce tournant, mais prévient que d'autres moyens de pression sont à prévoir.

Un texte de Catherine Poisson

« Le gouvernement nous respecte quand on agit. Je ne trouve pas ça normal qu’on doive utiliser des moyens de pression pour que le gouvernement se réveille », déplore le vice-chef du conseil Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam, Jonathan St-Onge.

Fin juin se tenait une première rencontre entre les Innus et les ministres Geoffrey Kelley et Luc Blanchette.

Des progrès satisfaisants y ont été réalisés, estime Jonathan St-Onge, qui indique toutefois que la communauté poursuivra ses moyens de pression pour se faire entendre.

Il évoque notamment la possibilité de retourner planter un drapeau sur l'île occupée par le Club Adams, un club privé où les touristes peuvent pratiquer la pêche sportive.

Cela représente 200 saumons, soit la quantité pêchée annuellement par les Innus pour nourrir leur communauté.

Les Innus ne veulent pas « bloquer la rivière », précise-t-il, ni empêcher le tourisme et la pêche sportive. Au contraire, ils veulent s’assurer que ces activités soient pratiquées de façon durable et responsable, d’une manière qui profite aussi aux communautés.

« Il y a des taxes qui se paient, et qui reviennent toutes à la ville. Nous on ne reçoit rien, ce n’est pas normal », souligne le vice-chef Fontaine.

Pour Jonathan St-Onge, la protection du patrimoine naturel de la rivière ne peut se faire sans la collaboration des peuples autochtones.

« Je lui ai dit au ministre, vous avez fait une erreur récemment, en voulant envoyer les derniers caribous sauvages de Val-d’Or dans un zoo. Ces erreurs ne cesseront jamais tant et aussi longtemps que vous ne nous consulterez pas », raporte-t-il.

Jonathan St-Onge espère également obtenir le soutien de la population non-autochtone dans sa lutte pour « redonner la rivière aux Innus ».

Quels sont les enjeux?

La semaine dernière, le gouvernement a fait parvenir une lettre à la communauté innue de Uashat-Maliotenam faisant état des discussions de la rencontre du 22 juin.

Trois enjeux principaux y figurent :

  • D’abord, Québec prévoit élargir progressivement les accès à la rivière Moisie accordés aux Innus, qui revendiquent la reconnaissance de leurs droits ancestraux sur l’entièreté du cours d’eau, et de tous ses affluents.
  • Ensuite, une démarche a été amorcée pour attribuer à la rivière le statut de réserve aquatique permanente, une autre demande de longue date des Innus. La rivière est actuellement qualifiée de réserve aquatique projetée, un statut qui doit être constamment renouvelé. Le gouvernement a accepté de consulter les spécialistes innus à cet effet, et devrait déposer un projet en octobre prochain.
  • Enfin, les Innus réclament que leurs droits de pêche soient encadrés par un code de pratique coutumier, qui viendrait remplacer l’entente administrative appliquée par le gouvernement, et sur laquelle ils n’ont pas été consultés. Des pourparlers à ce sujet ont été entamés, et se poursuivront au retour des vacances estivales, pour permettre au conseil de bande de consulter la communauté.

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