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Les Jeux mondiaux autochtones, ou le rêve achevé de Wilton Littlechild

40 ans. C'est le nombre d'années qu'il aura fallu au chef Wilton Littlechild pour atteindre son objectif de réunir les athlètes de différentes nations autochtones à travers la planète à l'occasion d'une rencontre sportive et culturelle.

Le chef cri, qui a récemment été décoré de la Croix du service méritoire par le gouverneur général pour son implication au sein de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, accueille maintenant les délégations de 29 pays dans les communautés d’Enoch et de Maskwacis, en Alberta.

« C’est la fin d’un parcours qui a été très émotif pour moi, explique Wilton Littlechild. Au cours des dernières années, nous avons essayé très souvent de développer ces Jeux, mais à chaque fois, nous avons rencontré de la résistance. »

Il s’agit de la deuxième édition de ces Jeux, la première ayant eu lieu à Palmas, au Brésil en 2015. L’événement avait réuni plus de 2000 athlètes. Au programme, des épreuves comme le tir à l'arc, la crosse ou la course à dos de cheval.

Contrairement à d’autres types de compétitions sportives du même genre, les Jeux mondiaux autochtones n’ont pas d’échéancier fixe.

Wilton Littlechild a été le premier à évoquer l’idée d’organisation une rencontre sportive entre peuples autochtones basée sur le modèle des Jeux olympiques. C’était durant une rencontre des Nations unies en Suède, à l’été 77.

Malgré l’enthousiasme soulevé par son idée, le projet est resté sur la glace durant de longues années.

Entretemps, Wilton Littlechild, fort de sa maîtrise en éducation physique et de sa propre expérience comme athlète émérite, a développé les Jeux autochtones de l'Amérique du Nord, qui ont vu le jour en 1990.

« Après avoir a réussi à implanter [les Jeux autochtones] au niveau régional, nous étions prêts à le faire au niveau mondial », raconte Wilton Littlechild.

« J’aurais aimé que la première édition ait lieu au Canada, puisque l’idée vient d’ici, mais nous n’avons pas pu », ajoute-t-il en évoquant le manque d’argent et les défis logistiques ainsi que le manque d’intérêt des commanditaires et du gouvernement.

Quinze ans plus tard toutefois, il se dit quand même heureux de voir des athlètes des quatre coins de la planète converger vers son petit patelin.

« Oui, ça m’a attristé de voir autant de résistance pour la tenue de cet événement, mais en même temps c’est tellement encourageant de voir que c’est possible et que nous y participons maintenant », affirme-t-il.

Une réaffirmation de soi

Wilton Littlechild croit fermement que le sport et la culture sont intrinsèquement liés à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

« Il est important de reconnaître que nous avons maintenant un droit. Nous avons le droit de jouer, nous avons le droit à la culture, nous avons le droit d'être heureux, et nous avons le droit de l'exprimer grâce aux jeux traditionnels et au sport ».

En plus de la guérison, le chef croit aussi que les Jeux représentent une occasion de concrétiser les premières étapes de la réconciliation, un thème qui lui est cher, surtout depuis son passage à la commission fédérale.

Il invite les citoyens de toutes les nationalités et de toutes les provinces à venir y assister en rappelant qu’ils ont une chance inespérée de faire connaissance avec des communautés qu’ils ne rencontreraient peut-être pas autrement.

Wilton Littlechild sait que certains non-Autochtones se montrent parfois réticents à visiter les réserves en raison de préjugés tenaces.

« Oui, nous avons des défis et je pense que nous n'essayons pas de cacher les défis. C'est pourquoi je pense qu'il est important que les gens viennent sur notre territoire. Venez voir les logements pauvres. Venez voir la pauvreté, venez voir les défis auxquels nous sommes confrontés avec la violence », insiste-t-il.

« Nous sommes peut-être pauvres d'une certaine manière, mais nous sommes riches d'autres façons. Nous sommes riches de notre culture et de nos cérémonies », conclut-il.

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