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Les juges boycottent les salles du palais de justice de Joliette

Pantalons non conformes, gilets à manches courtes, étoile de shérif jaune, les juges du palais de justice de Joliette ne tolèrent pas la nouvelle tenue vestimentaire des constables spéciaux.

Usant de leurs moyens de pression, les constables spéciaux postés à l'intérieur des salles d'audience pour assurer la sécurité ont refusé de remettre leur uniforme complet. Devant ce refus, tous les juges du palais de justice de Joliette ont refusé de siéger les 23 et 24 novembre dernier.

Tous les procès assignés ont donc été systématiquement reportés à des dates ultérieures. Selon nos informations, seules les ententes à l'amiable et les audiences sur les remises en liberté ont pu avoir lieu comme prévu.

Alors que le problème des délais déraisonnables, en raison de l'engorgement du système, fait la manchette, le malaise est palpable chez les procureurs.

« J'ai un client qui attendait depuis cinq mois pour son procès. C'était un stress énorme pour lui et il a appris la semaine dernière que sa date était reportée à six mois en raison du refus des juges de siéger », nous a confié un avocat de la défense sous couvert de l'anonymat.

Le boycottage des salles d'audience des juges à Joliette aurait affecté des dizaines de dossiers.

Le ministère de la Sécurité publique a donc décidé de sévir contre trois constables spéciaux en les suspendant pour une journée. Trois autres auraient également eu des avertissements par écrit.

Selon le ministère, ce sont 12 constables à l'échelle du Québec qui ont reçu des sanctions administratives concernant le refus de porter l'uniforme complet dans les palais de justice.

Conflit de travail

Les constables spéciaux sont sans contrat de travail depuis le 31 mars 2015. Devant l'impasse dans les négociations avec le ministère de la Sécurité publique, le syndicat des constables spéciaux a demandé à ses 350 membres d'accroître leur visibilité.

L'impasse concerne principalement le rattrapage salarial par rapport aux cinq grands corps d'agents de la paix au Québec.

À titre d'exemple, un constable spécial recevra 38 373 $ à son embauche au premier échelon alors qu'un agent de la faune sera payé 43 166 $. Le manque à gagner est d'environ 5000 $, soit une augmentation salariale de 8 %.

Aucun commentaire

Le Conseil de la magistrature n'a pas commenté la décision des juges de la Cour du Québec de ne pas siéger à cause du décorum.

La directrice du palais de justice de Joliette, Evelyne Sauvé, a également refusé de commenter la situation en affirmant ne pas vouloir se mêler du conflit de travail qui implique les constables spéciaux.

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