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Les locataires de la coopérative Sainte-Anne relogés à grands frais

Les 13 personnes évacuées de la coopérative d'habitation Sainte-Anne pourront être relogées ailleurs dans le quartier Griffintown, mais leur loyer sera plus de deux fois plus élevé qu'auparavant.

Un reportage de Bahador Zabihiyan

Les résidents avaient dû quitter leur logement d'urgence entre le 1er et le 9 avril à la suite d'un affaissement de terrain provoqué en tout ou en partie par les fortes pluies de la semaine dernière. Puis, dimanche, une partie de la coopérative a été démolie à la demande des pompiers, car l'immeuble menaçait de s'effondrer.

Sa directrice, Guylaine Mayer, ne connaît pas les causes de l'affaissement. Elle rappelle néanmoins que des travaux d'excavations ont été menés sur le terrain adjacent à l'immeuble dans le cadre de la construction de la tour de condos Brickfields. Un bris de canalisation est également survenu récemment, fait-elle valoir.

Les locataires, qui ont d'abord profité du soutien de la Croix-Rouge, pourront finalement être relogés dans la nouvelle coopérative d'habitation des Bassins du Havre, qui possède des logements prêts à être occupés immédiatement.

Un bémol, toutefois : le loyer va presque doubler. Un appartement de quatre pièces et demi, qui coûtait 310 $ par mois à la coopérative Sainte-Anne, coûtera plus de 700 $ aux Bassins du Havre, selon Mme Mayer.

Un coup de main de la Ville

Le maire Benoit Dorais aurait par ailleurs promis que l'arrondissement du Sud-Ouest pourrait « défrayer les coûts de démolition et de renforcement du mur mitoyen » à la coopérative Sainte-Anne, selon la Fédération des coopératives d'habitation intermunicipale du Montréal métropolitain (FECHIMM).

Le bureau du maire Dorais n'a pas encore confirmé l'information, mais il s'agirait le cas échéant d'une excellente nouvelle pour la coopérative, puisque le coût de la démolition viderait probablement son fonds de réserve.

Toujours selon la FECHIMM, la Ville de Montréal se serait aussi engagée de manière informelle à « soutenir » la reconstruction de la coopérative Sainte-Anne au même endroit, rue de la Montagne.

Problème d'assurance

Par ailleurs, l'assureur de la coopérative refuse pour l'instant de rembourser quoi que ce soit, selon Mme Mayer.

Le courtier en assurance de la coopérative Sainte-Anne, la compagnie EGR, dément cette affirmation, et affirme que l'assureur, La Souveraine, n'a pas terminé l'analyse du dossier.

La coopérative se prépare néanmoins au pire. « On a embauché les services d'un avocat pour monter un dossier », a fait savoir Louis-Philippe Myre, directeur du soutien aux coopératives à la FECHIMM. « Il est probable qu'il y ait des recours qui soient entrepris dans les prochains jours, dans les prochaines semaines. »

En ce qui a trait aux assurances individuelles des sinistrés, les procédures s'avèrent plutôt lentes dans certains cas. Plusieurs doivent par exemple payer de leur poche le coût de l'hôtel dans lequel ils logent provisoirement.

La FECHIMM a offert un prêt de 5000 $ pour aider les sinistrés, et le courtier en assurances de la FECHIMM s'est engagé à faire un don de 3000 $.

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