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Les luttes électorales à surveiller à Montréal

À Montréal, plusieurs circonscriptions seront le théâtre de luttes très serrées. Explorez notre carte interactive et notre sélection de quatre circonscriptions à surveiller de près.

Un texte de Vincent Maisonneuve

1. Ahuntsic-Cartierville

Ahuntsic-Cartierville, c'est le Marché central, le secteur de la rue Chabanel et les quartiers cossus qui longent la rivière des Prairies, de l'avenue Papineau jusqu'à l'autoroute 13. Ici, plus de 37 % de la population est allophone.

La députée sortante, c'est Maria Mourani. Élue pour la première fois en 2006 sous la bannière du Bloc québécois, elle se présente cette fois comme candidate néo-démocrate. Le NPD peut donc miser sur une politicienne d'expérience.

Mais Ahuntsic-Cartierville est également dans la mire des libéraux. Les trois dernières élections, Maria Mourani les a remportées de justesse, chaque fois par moins de 1000 voix. De plus, le redécoupage de 2013 a modifié les frontières. Si on transpose les résultats de 2011 à la nouvelle carte électorale, les libéraux l'emportent par 577 votes.

Les libéraux misent sur la candidature de Mélanie Joly, qui en a surpris plusieurs lors de sa campagne à la mairie de Montréal. Le déroulement de la course à l'investiture a toutefois fait l'objet de critiques. Des adversaires ont affirmé que Mme Joly avait été favorisée par l'establishment du parti.

2. Mont-Royal

Autre circonscription à surveiller : Mont-Royal, coupée en deux par l'autoroute Décarie, avec d'un côté Ville Mont-Royal puis de l'autre, Côte-Saint-Luc et Hampstead. C'est l'ancienne circonscription de Pierre Elliott Trudeau, un château fort libéral.

Néanmoins, les conservateurs pourraient bien y réaliser leur première percée sur l'île. Les positions du gouvernement Harper, très proches d'Israël, pourraient rallier les membres de la communauté juive, qui représentent ici plus de 20 % de la population.

De plus, le député libéral Irwin Cottler tire sa révérence et la majorité des libéraux a fondu au cours des dernières élections. Élu par une écrasante majorité de 30 629 voix en 2000, l'avance des libéraux sur les conservateurs était d'à peine 2260 votes aux dernières élections.

L'investiture conservatrice a d'ailleurs été chaudement disputée. L'ancienne journaliste Pascale Déry comptait sur l'appui de certains ténors du parti, mais c'est plutôt Robert Libman, l'ex-chef du parti Égalité et ancien maire de Côte-Saint-Luc, qui sera le candidat des conservateurs. Les libéraux comptent de leur côté sur l'actuel maire de Côte-Saint-Luc, Anthony Housefather.

3. Notre-Dame-de-Grâce-Westmount

Westmount est un autre château fort libéral à Montréal. Mais cette fois, la forteresse ne semble pas imprenable.

D'abord, le redécoupage de la carte a sensiblement changé les frontières. La circonscription englobe maintenant le quartier Notre-Dame-de-Grâce.

En 2011, Marc Garneau l'a remporté de justesse : une maigre majorité de 642 voix sur la candidate néo-démocrate. La course à l'investiture du NPD dans la circonscription a d'ailleurs attiré plusieurs candidats. Bref, la lutte entre les libéraux et les néo-démocrates sera intéressante.

4. La Pointe-de-l'Île

La Pointe-de-l'île longe le fleuve Saint-Laurent de l'extrémité est de Montréal jusqu'à l'autoroute 25. La circonscription représente sans doute l'un des meilleurs espoirs de gain pour le Bloc québécois. C'est ici que se présente l'ex-chef bloquiste Mario Beaulieu.

En cédant sa place de chef à Gilles Duceppe, Mario Beaulieu pourra consacrer plus de temps à reconquérir cet ancien bastion du Bloc québécois. Aux dernières élections, la vague orange a permis à la députée sortante Ève Péclet de l'emporter par environ 7500 voix.

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