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Les néo-démocrates du Québec, « les plus inefficaces de l'histoire », lance Harper

Le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, a entrepris la seconde journée de sa campagne électorale en se livrant à une attaque frontale contre le Nouveau Parti démocratique, dont les députés québécois, dit-il, forment « le groupe le plus inefficace de n'importe quel groupe de députés de l'histoire ».

Un texte de François Messier

De passage dans la circonscription de Laval-Les Îles pour proposer une bonification du crédit d'impôt pour la création d'emplois d'apprentis, M. Harper a lancé un plaidoyer pour que les Québécois cessent de choisir des députés contraints de se cantonner dans l'opposition.

« Depuis longtemps, depuis 22 ans, le Québec a envoyé à Ottawa des députés d'opposition qui sont de plus en plus inefficaces », a-t-il affirmé.

« Pour être un gouvernement plus fort, on a besoin, nous les conservateurs, de plus de représentation du Québec à la table des décisions », a-t-il ajouté. « Dans les régions où nous avons des représentants, on peut voir des résultats de ces députés efficaces, et qui travaillent fort. »

En entrevue à ICI RDI, lundi après-midi, la députée sortante de Laurier-Sainte-Marie, la néo-démocrate Hélène Laverdière, a affirmé que les propos de M. Harper étaient « assez étrangers ».

« Les citoyens apprécient ce qu'on fait. À la Chambre des communes, on leur a fait une bonne lutte. On les a fait reculer sur plusieurs dossiers. On leur a fait accepter une réduction d'impôts pour les petites et moyennes entreprises », argue-t-elle.

Une possible récession sans lien avec les politiques conservatrices

Stephen Harper a par ailleurs refusé de porter une quelconque responsabilité pour l'état de l'économie canadienne, qui se contracte depuis cinq mois consécutifs. Si cela devait se poursuivre pour un sixième mois, le Canada serait officiellement en récession.

« Évidemment, maintenant, il y a de l'instabilité politique dans le monde », a commenté le premier ministre sortant. « Ça nous touche : ralentissement en Chine, aux États-Unis, la croissance continue à être faible, on a des crises de la dette encore en Europe. »

La chute des prix des ressources naturelles, et plus particulièrement du pétrole, n'est qu'un « effet temporaire » de cette conjoncture, a-t-il poursuivi. « Ici, on fait des plans, on planifie pour le long terme. Le Canada a le meilleur bilan de la croissance, de la création d'emplois, parmi les pays du G7 depuis la fin de la récession. »

« Je pense que les prévisions pour l'économie canadienne, pour le reste de l'année, pour l'avenir [...] sont bonnes... si on garde le cap, si on continue avec un programme discipliné, un programme qui comprend des baisses de taxes et des impôts, et une gestion financière stable », a-t-il encore dit.

« Je suis convaincu que, malgré ce que certains disent, les Québécois ne favorisent pas un plan économique basé sur les hausses de taxes et d'impôts. Ce n'est pas leur choix. Ils veulent des baisses de taxes et d'impôts, comme nous avons fait. Ils veulent de la création d'emploi, de la stabilité économique. »

Stephen Harper n'a pas hésité non plus à décocher des flèches en direction de deux gouvernements provinciaux, soit ceux de la libérale Kathleen Wynne, en Ontario, et de la néo-démocrate Rachel Notley, en Alberta.

Le gouvernement Wynne, a-t-il dit, souhaite augmenter les contributions des travailleurs et des employeurs au Régime de pensions du Canada - 1000 $ chacun pour un travailleur gagnant 60 000 $ par année -, une « hausse massive » que cautionnent les libéraux fédéraux.

Quant au gouvernement Notley, il a haussé les taxes et les impôts et est « incapable de présenter un budget », a dit Stephen Harper. « Le résultat est un désastre, et est rejeté par la population. »

Un crédit d'impôt bonifié

M. Harper a fait ces déclarations dans les locaux du fabricant de pièces automobiles Spectra Premium, qu'il a visités en compagnie de son lieutenant québécois, Denis Lebel. Le chef conservateur a profité de cette visite pour annoncer qu'il comptait bonifier le crédit d'impôt pour la création d'emplois d'apprentis s'il était réélu.

Ce crédit de 10 % applicable au salaire d'un apprenti passerait de 2000 $ à 2500 $, et serait applicable aux troisième et quatrième années d'un contrat. Cette mesure, qu'il s'engage à mettre en oeuvre, coûterait 60 millions de dollars par année aux contribuables.

Dans le communiqué en appui à cette annonce, le Parti conservateur poursuit ses attaques contre ses adversaires.

Il soutient que Justin Trudeau va annuler le crédit d'impôt et prendra cet argent « dans les poches des Canadiens pour créer des programmes gouvernementaux mal ficelés inspirés des élites ».

Thomas Mulcair, poursuit-il, va augmenter les taxes et les impôts de tous les Canadiens, puisqu'il « planifie ses "gros" programmes avec les "boss" des syndicats et veut ainsi gonfler la taille de l'État ».

Pour voir ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Stephen Harper a participé à un premier rassemblement partisan dimanche soir dans la circonscription montréalaise de Mont-Royal, où les couleurs du parti sont défendues par Robert Libman. Ce dernier espère profiter du départ du député libéral Irwin Cotler pour convaincre les électeurs de lui accorder leur confiance.

Après son arrêt à Laval, Stephen Harper prendra la route de l'Ontario. Il doit faire un arrêt à Kingston avant de se rendre à Ajax, en début de soirée.

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