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Les nouveaux horaires au coeur d'un conflit dans une commission scolaire de la Montérégie

La Commission scolaire des Hautes-Rivières est à couteaux tirés avec la majorité de ses conseils d'établissement, ces instances qui regroupent à la fois parents et enseignants. La modification des grilles horaire et des matières pour l'année scolaire 2017-2018 est au coeur du litige. En effet, 33 des 36 conseils d'établissement des écoles primaires s'y opposent vigoureusement, mais la commission scolaire persiste et signe.

Un texte de Marie-France Bélanger

La Commission scolaire des Hautes-Rivières veut modifier les horaires pour les adapter au cycle de sommeil des jeunes et améliorer leur taux de réussite, qui est l'un des plus bas dans la province. Au primaire, les horaires seront étalés sur 10 jours plutôt que sur 6, et comprendront, l'an prochain, 5 périodes de 60 minutes plutôt que 6 périodes de 50 minutes quotidiennement, comme c'est le cas présentement. La présidente de la commission scolaire, Andrée Bouchard, explique qu’il s’agit d’une formule qui est loin d’être unique. « À notre connaissance, il y a au moins 22 commissions scolaires qui ont une grille horaire de 10 jours avec des périodes de 60 minutes », dit-elle.

Mme Bouchard espère que cette réorganisation permettra aussi de dégager une marge de manoeuvre de 1 million de dollars par année qui sera réinvestie dans les services aux élèves.

La présidente explique que la situation actuelle crée une iniquité au sein du corps enseignant. Présentement, les titulaires de classes au primaire passent 1208 minutes par semaine avec des élèves, comparativement à 1230 minutes par semaine pour les spécialistes (enseignants d’anglais et d’éducation physique, par exemple).

La refonte proposée doit corriger cette situation.

Mais la presque totalité des conseils d'établissements des écoles primaires (soit 33 sur 36) de la commission scolaire s'oppose aux changements proposés. « C'est déjà difficile pour un enfant de rester assis pour cette période de temps là [soit 50 minutes]. Puis là, on va leur demander de rester 60 minutes assis », souligne Marie-Andrée Trottier, présidente du conseil d’établissement de l’école Saint-Lucien depuis trois ans.

Elle déplore aussi le fait que ce réaménagement amène une diminution du temps consacré aux matières comme les arts plastiques et l’éducation physique.

Malgré l’opposition des conseils d’établissement, la commission scolaire a décidé d’aller de l’avant. « La loi nous autorise à nous substituer au conseil d’établissement pour approuver la grille horaire et la grille matière dans l’objectif d’organiser les services éducatifs pour la prochaine année », précise la présidente Andrée Bouchard.

Mais les conseils d’établissement voient la chose de manière complètement différente. « On sent que notre pouvoir de conseil d’établissement a été usurpé », dit Marie-Andrée Trottier. Avec une vingtaine d’autres conseils d’établissement, elle s’est adressée à la Cour supérieure pour faire annuler les résolutions du conseil des commissaires de la Commission scolaire des Hautes-Rivières approuvant les changements. Le tribunal doit aussi se pencher sur le pouvoir de décision des conseils d’établissement en vertu de la Loi de l’instruction publique.

Le syndicat des enseignants de la commission scolaire, qui compte 1600 membres, appuie financièrement la démarche juridique des conseils d’établissement, estimant que leurs pouvoirs ont été bafoués. « Actuellement, ce qu’on est en train de vivre, c’est un manque de respect de la loi, selon nos interprétations », indique la présidente Jacinthe Côté.

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