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Les Olympiques et rien d'autre pour Dorothy Yeats

BILLET - Mon premier contact avec le sport a été la gymnastique. C'était ma passion. J'avais 5 ans lorsque j'ai commencé et déjà, deux ans plus tard, je faisais partie du groupe d'élite. C'était un premier pas vers l'équipe nationale et le début de mon rêve olympique.

Un texte de Dorothy Yeats

J'ai fait mes débuts au club Gadbois, situé au deuxième étage du marché Atwater à Montréal. Lorsque j'avais 9 ans, un feu a tout détruit et la totalité de notre équipement a brûlé. Mon entraîneuse a trouvé cette épreuve très difficile et a pris sa retraite.

Cela n'a pas été facile de trouver un entraîneur par la suite. Nous en avions un nouveau tous les trois mois, alors mon développement stagnait. Je me souviens ensuite avoir changé de club à 12 ans, mais il était un peu trop tard pour penser faire une carrière dans ce sport, surtout après deux années où je n'avais pas beaucoup progressé.

Je n'ai pas abandonné pour autant. L'année de mes 13 ans, je me suis consacrée à 100 % pour voir si l'atteinte de mon rêve olympique pouvait être réalisable en gymnastique. Je m'entraînais 5 heures par jour et je me suis vraiment améliorée, mais je n'étais pas du tout près du niveau que je devais avoir. Des blessures sont aussi survenues, alors je savais qu'il faudrait que je mette une croix sur ma carrière de gymnaste.

J'ai donc commencé à chercher quels sports je pouvais pratiquer pour espérer un jour aller aux Jeux olympiques. Il fallait aussi que ce soit une discipline que je puisse commencer à l'âge de 14 ans.

Dans des sports comme le hockey ou le soccer, il faut commencer très jeune pour atteindre les plus hautes sphères. Alors, penser rivaliser et me démarquer face à ces athlètes était impossible. J'ai plutôt arrêté mes choix sur le rugby, le water-polo et... la lutte!

Je ne voulais pas complètement lâcher la gymnastique. J'ai donc continué tout en commençant la lutte. J'ai aussi fait partie de l'équipe de rugby de mon école secondaire, mais je me suis rendu compte que les sports collectifs n'étaient pas faits pour moi. Je préférais faire les choses moi-même au lieu de passer le ballon!

La lutte, ça fonctionnait bien. C'est un sport individuel et mon père était un lutteur. En février 2008, j'ai officiellement arrêté la gymnastique pour ne faire que de la lutte. Deux mois plus tard, j'ai décroché mon premier titre de championne canadienne chez les moins de 16 ans... même si je n'en avais que 14! C'était déjà mieux que tout ce que j'avais fait en tant que gymnaste. C'est à ce moment que j'ai réalisé que c'était mon sport.

Briller de paillettes ou de sueur

Oui, mon père Doug a participé à cinq Jeux olympiques en lutte. Par contre, pendant toute mon enfance, il m'a emmenée à un entraînement de lutte peut-être trois fois au total. Je n'aimais pas ça, je préférais de loin la gymnastique.

En gymnastique, tout doit être parfait dans la routine, le maquillage et les costumes. C'est un environnement dans lequel je me sentais vraiment bien. En plus, je partageais cette passion avec ma sœur. Nous regardions toujours les compétitions de gymnastique ensemble.

La lutte, c'est complètement l'inverse. Tes cheveux sont partout et, évidemment, personne ne porte de maquillage. Ton corps est plein de sueur et celui de tes adversaires aussi.

Quand j'ai réalisé que mon but olympique ne serait pas atteignable en gymnastique, j'ai essayé de me faire à l'idée. Il ne fallait plus avoir l'air parfaite, mais rough!

À mes premiers cours de lutte en 2007, mon père était certain que je n'aimerais pas ça. Il m'a dit que si je commençais ce sport, il fallait que je m'investisse au moins une année avant d'abandonner.

Il a eu raison de faire ça. Au début, je revenais avec des bleus partout sur mon corps et je trouvais que je puais à cause de ma sueur et celle des autres. Je n'aimais vraiment pas ça. J'étais prête à lâcher tout de suite. Mais quand j'ai remporté les Championnats canadiens des moins de 16 ans, j'ai voulu continuer. J'étais motivée! J'avais soif de victoire.

Quatre ans plus tard, en 2012, ma compatriote Martine Dugrenier a participé aux Jeux olympiques dans ma catégorie de poids. De mon côté, c'était ma première année dans l'équipe nationale. Je savais que j'étais en train de tracer ma voie vers ma propre aventure olympique.

Lorsqu'en 2013, le CIO a annoncé que la lutte serait retirée du programme olympique après les Jeux de 2016, on m'a dit que ma dernière chance de faire les Jeux olympiques serait d'être à Rio. C'était un peu épeurant. Je travaillais très, très fort pour aller aux Jeux olympiques depuis mon enfance et là j'apprenais que je n'aurais qu'une seule chance d'y parvenir. Heureusement, la décision a été par la suite infirmée et la lutte sera présente aux Jeux jusqu'au moins en 2024.

Les Jeux de Rio seront ma première occasion de me faire valoir, mais pas nécessairement la dernière!

(Avec la collaboration de Sportcom)

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