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Les origines de La grande guignolée des médias

C'est aujourd'hui que se tient La grande guignolée des médias. Cette grande opération de solidarité rassemble à présent une centaine de médias à travers le Québec. Mais comment a-t-elle pris forme? La réponse dans nos archives.

La grande guignolée des médias est maintenant bien ancrée dans le calendrier des Fêtes des Québécois. Chaque année, au début du mois de décembre, une journée de collecte de rue est organisée pour amasser des dons en argent et des denrées non périssables. Des personnalités et artisans des médias, accompagnés d’une armée de bénévoles, animent les différents points de collecte. D’autres activités, dont des encans, s’échelonnent aussi sur un mois.

L’animateur Joël Le Bigot est sans doute à l’origine de grande guignolée. En 1990, il utilise son micro de la radio de Radio-Canada pour donner un coup de main au centre Dernier Recours. L’organisme de la rue Sanguinet, qui vient en aide aux itinérants, est à bout de ressources. Il donne donc rendez-vous sur place aux auditeurs le 21 décembre afin de recueillir vêtements et dons. L’équipe de CBF Bonjour y anime son émission matinale en direct. Son appel sera entendu.

Au Téléjournal ce soir-là, le présentateur Charles Tisseyre parle d’une générosité « hors du commun ». La journaliste Louise Beaudoin dresse pour sa part un portrait de la journée. Dès le petit matin, des auditeurs convergent vers le centre Dernier recours pour y remettre leurs dons. À 8 h 30, des gens arrivent de partout, créant un sérieux bouchon de circulation sur la rue Sanguinet. Des policiers viennent prêter main-forte. À la fin de la journée, les dons remplissent deux grandes pièces du local et débordent sur le trottoir. De toute évidence, cette première initiative surpasse les attentes. « Les sans-abri, un peu dépassés après tout ce qu’ils voient, peuvent être sûrs d’une chose ce matin, c’est que partout, on est venu leur montrer qu’on est prêt à les aider », conclut la journaliste.

Dans les années 90, la Société Radio-Canada soutient divers organismes, dont la Société St-Vincent-de-Paul qui supervise une guignolée. À Montréal, chaque paroisse organise une collecte afin de confectionner des paniers de Noël pour les plus démunis. Comme en témoigne ce reportage au bulletin de nouvelles Le Dimanche du 5 décembre 1992, d’autres organisations se joignent à cette grande entreprise. Des employés de la Société des postes, au volant de 110 camions, s’ajoutent aux 4000 bénévoles pour recueillir des provisions. En cette période de récession, une personne active sur trois à Montréal n’a pas de travail.

Finalement, c’est en 2001 que La grande guignolée des médias prend forme telle qu’on la connaît aujourd’hui. Au bulletin de nouvelles Montréal ce soir du 13 décembre 2001, le présentateur Raymond Saint-Pierre apparaît aux côtés de Pierre Bruneau, du réseau TVA et de Jean-Luc Mongrain, de TQS. Les trois chefs d’antenne à Montréal annoncent que leurs réseaux de télévision feront désormais cause commune. Trois organismes qui répondent aux besoins des familles sont visés par cette première grande guignolée : Jeunesse au soleil, Moisson Montréal et la Société St-Vincent-de-Paul.

Aujourd’hui, La grande guignolée des médias demeure la seule cause organisée et soutenue par une centaine de médias au Québec. Depuis 2001, plus de 30 millions de dollars et plusieurs dizaines de tonnes de nourriture ont été récoltés.

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