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Les policiers du SPVM réclament la tête de leur directeur

L'affaire Patrick Lagacé prouve que Philippe Pichet « n'a plus la légitimité nécessaire » pour diriger la police de Montréal, estime le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal.

« On est dans une société de droit et les journalistes se doivent de faire contrepoids dans une société libre et démocratique », a déclaré Yves Francoeur mardi matin lors d'une entrevue à RDI.

En permettant l'espionnage du chroniqueur de La Presse, le commandant Pichet « a atteint un principe suprême, [ce] qu'il ne devait pas faire », a-t-il poursuivi.

« Il y avait déjà un climat de confiance très faible envers le directeur Pichet et son administration », soutient M. Francoeur. « Mais là, c'est clair que cette confiance-là est rompue. »

Le patron du syndicat policier estime que l'espionnage du chroniqueur de La Presse constitue une preuve « tangible » qu'une « chasse aux sorcières » visant les sources journalistiques est en cours depuis des mois.

Il est par ailleurs inadmissible, dit-il, que le directeur Pichet n'ait pas mis fin immédiatement à cet « abus de pouvoir », qu'il impute à son ex-inspecteur-chef aux affaires internes, Costa Labos. Ce dernier a d'ailleurs été muté la semaine dernière.

En conférence de presse, lundi après-midi, Philippe Pichet a reconnu qu'il était au courant qu'un mandat de surveillance visant Patrick Lagacé avait été obtenu. « Qu'il l'ait appris par la suite, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas », s'insurge Yves Fancoeur.

« Ça fait des mois qu'on le demande [la mutation de Costa Labos]. Le directeur ne voulait pas nous donner raison, et malheureusement, ça nous dit qu'on avait raison », a encore dit M. Francoeur. « M. Pichet a refusé de nous écouter, a refusé de nous entendre, on voit où ça l'a mené aujourd'hui. »

En juin dernier, la Fraternité des policiers et policières de Montréal avait demandé à Philippe Pichet d'écarter M. Labos de ses fonctions, le temps qu'une enquête criminelle de la Sûreté du Québec le visant soit terminée, mais en vain. M. Labos a finalement été blanchi des allégations portées contre lui.

Pour Yves Francoeur, il revient maintenant à Denis Coderre de démettre le directeur du SPVM de ses fonctions. « C'est le maire qui l'a embauché, c'est sa décision, c'est à lui de la prendre », a-t-il commenté.

Commentant l'affaire lundi, le maire de Montréal a clairement indiqué qu'il n'entendait pas démettre le chef de police de ses fonctions, comme l'avait réclamé Projet Montréal plus tôt dans la journée. « Je n'ai aucune raison de douter de M. Pichet », a-t-il déclaré.

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