Les plus optimistes salivent déjà à l'idée de les voir piloter les deux premiers trios du Canadien. Les autres, plus circonspects, se gardent une petite réserve sur l'étendue de leur talent. Mais, assurément, ils devront tous les attendre encore un peu.

Un texte d’Alexandre Gascon

On parle bien sûr des joueurs de centre Ryan Poehling et Jesperi Kotkaniemi, présents au camp de développement du Tricolore ce weekend.

Leur tendre jeunesse, 19 ans pour le premier, 17 ans pour le second, les tiendra loin du Canadien pour l’instant et de la pression de venir combler rapidement une lacune qui date de deux décennies au sein d’une organisation plus que centenaire.

Les plus curieux peuvent toujours les voir à l’œuvre lors des matchs amicaux de samedi et dimanche à Brossard.

Kotkaniemi, à moins d’une immense surprise, retournera à Pori jouer dans la ligue élite finlandaise, bien qu’il ne soit pas pressé de rentrer dans son patelin.

« Je n’ai pas si hâte d’y retourner. J’apprécie mon temps ici », a confié le Finlandais, sourire aux lèvres, dans son anglais un peu râpeux.

Poehling, lui, avait déjà confirmé au printemps qu’il retournait à l’université St. Cloud au Minnesota. Il faudra attendre septembre 2019, à tout le moins, avant de le voir à son premier camp d’entraînement professionnel.

La défaite que son équipe a subie en demi-finale du championnat national américain (NCAA) a été difficile à digérer et Poehling s’est donné une mission.

« C’est l’équipe. Je ne peux pas laisser mes coéquipiers. Avec Jimmy Schuldt qui reste. La majorité des gars qui composent le noyau est de retour. On a une bonne chance de gagner le titre. C’est ce qui est le plus important. Je veux apporter à St. Cloud son premier titre national », a expliqué le jeune homme.

Le pivot a également confié vouloir se concentrer sur ses études en administration l’an prochain.

Les études, l’équipe, le titre de la NCAA : des priorités qui démontrent certainement une attitude exemplaire…

Une complicité de casier

Marc Bergevin a souvent déploré la difficulté de mettre la main sur un centre dominant, que ce soit en concluant une transaction ou sur le marché des joueurs autonomes.

Alors il en repêche. Beaucoup. Neuf, en fait, lors des deux derniers repêchages, dont sept à Dallas la fin de semaine dernière. Et tant mieux si ces espoirs tirent quelque enseignement l’un de l’autre.

Le Canadien a placé les casiers de Kotkaniemi et Poehling côte à côte pour ce petit camp d’entraînement concentré. Peut-être pas innocemment.

« Tu vois qu’il est un joueur spécial, a lancé Poehling à propos de son voisin de vestiaire. Quand tu le vois aller, autant sur la glace qu’à l’extérieur, ça en dit beaucoup à propos de sa personnalité et de la raison pour laquelle il a été repêché si haut. »

Sur la patinoire, le joueur du Minnesota a même vu quelques similitudes entre le jeu du finlandais et le sien.

Moins à l’aise devant les caméras pour des raisons évidentes, Kotkaniemi a surtout répété qu’il souhaite « apprendre des choses » pendant son court séjour à Montréal.

En attendant, les coéquipiers fraternisent, bien que « c’est un peu difficile », selon Poehling.

« Son anglais est rudimentaire et je ne connais pas le finnois, ce qui est mon problème. Mais j’essaie de lui parler beaucoup et il semble être un bon gars », a-t-il ajouté.

Ni l’un ni l’autre ne se met de pression pour faire le saut rapidement chez les professionnels, ce qui appert une sage décision dans le contexte actuel à Montréal.

« Je vais venir quand je serai prêt », a laissé tomber Kotkaniemi.

« Quand tu franchis cette dernière étape dans la LNH, ce n’est plus une ligue de développement. C’est pour ça que je reste à l’université : pour devenir le meilleur joueur possible, ce que je veux être. Je dois être prêt pour cette étape finale, si jamais la chance arrive », a estimé Poehling.

Elle arrivera certainement. Et lorsqu’ils seront prêts, les partisans devraient l’être également.

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