Régis Cibasu ne passe jamais inaperçu. Le receveur de passes à la charpente avantageuse a attiré les regards de dépisteurs d'organisations professionnelles lors des derniers jours, à Saint Petersburg, en prévision du réputé East-West Shrine Game.

Un texte de Félix St-Aubin

Fort de son gabarit de 6 pi 3 po (1,91 m) et 232 lb (105 kg), Cibasu est en quelque sorte une force de la nature. Aux côtés des vedettes de la NCAA, celui qui a conclu son parcours avec les Carabins de l'Université de Montréal (UdeM) cet automne ne ressent aucunement le syndrome de l'imposteur.

Parole de Danny Maciocia, son protégé de 24 ans a constamment progressé au rythme où les entraînements se sont succédé.

L'horaire est réglé au quart de tour et s'apparente à celui des professionnels.

« C'est une grosse semaine, il y a les entraînements le matin, les réunions à notre retour pour apporter les correctifs, les traitements, d'autres rencontres. Et après, on recommence [le lendemain] », a expliqué Cibasu.

Le couteau suisse

Cibasu s'est produit à diverses positions tout au long de la semaine en compagnie de la crème des finissants de la NCAA, admissibles au repêchage de la NFL.

« C'est la grande question, à quel endroit l'aligne-t-on? Comme demi inséré, ailier rapproché [ou receveur éloigné]? Il a bougé un petit peu ces derniers jours [...], on peut voir un jeune homme en confiance actuellement », a indiqué Maciocia, présent en Floride pour conseiller son poulain.

Cibasu ne s'en cache pas, il accuse un certain retard sur ses homologues américains en ce qui concerne la vitesse et l'accélération, deux attributs à peaufiner d'ici la tenue des encans de la NFL (26 au 28 avril) et de la LCF (3 mai).

Il est bien conscient qu'il devra fort probablement se rapprocher de la ligne de mêlée s'il désire ajouter quelques chapitres professionnels à sa carrière. Le Congolais d'origine ne s'en fait pas outre mesure, au contraire, il est simplement heureux d'attirer l'attention des dépisteurs du circuit Goodell.

« J'ai fait quelques entrevues avec plusieurs équipes, environ une dizaine. J'espère qu'au moins l'une d'entre elles me donne une chance [de me faire valoir] », a souhaité Cibasu, reconnaissant de pouvoir se prouver sous l'oeil aguerri d'une horde de recruteurs.

Depuis quelques années, cette vitrine consistant à démontrer l'étendue de son talent ne relève plus du domaine de l'impossible pour un Québécois.

Laurent Duvernay-Tardif (2014) et Antony Auclair (2017) se sont autrefois illustrés dans le cadre des exercices et de l'East-West Shrine Game, ouvrant ainsi les yeux des dépisteurs au sud de la frontière sur les joueurs issus du football à trois essais.

Avant de savoir si Cibasu suivra le chemin tracé par les porte-couleurs des Chiefs de Kansas City et des Buccaneers de Tampa Bay, le principal concerné aura une autre occasion de justifier son invitation, samedi, avec la présentation du 93e match des étoiles du football universitaire nord-américain.

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