Retour

Les punaises de lit, cauchemars de locataires montréalais depuis plus d'un an

Un immeuble de la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) est envahi par des punaises de lit depuis un an et demi. Malgré une vingtaine de traitements à l'insecticide, la maison de chambres de l'avenue Duluth est toujours gravement infestée.

Un reportage de René Saint-Louis

La scène donne le frisson. Dans une pièce, des dizaines de punaises couvrent le sol. La majorité d'entre elles sont mortes, prises dans des pièges, mais d'autres sont bien portantes et se baladent sur les plinthes et les murs.

Luce Charbonneau et André St-Louis sont voisins de palier au 3e étage. Ils se battent contre cette infestation depuis novembre 2014 et se disent épuisés.

« Ça m'a créé beaucoup d'anxiété, beaucoup de stress. Je n'osais plus dormir, je me faisais dévorer. Et comme ça dure depuis un an et demi, le découragement s'est installé », raconte Luce.

L'infestation a atteint le logement d'André un peu plus tard, soit l'été dernier. Comme il réagit fortement aux piqûres des punaises, il a dormi sur sa terrasse une partie de l'été.

André a d'abord été patient. Il croyait que les insectes disparaîtraient avec les traitements. Il dit avoir respecté à la lettre les consignes de l'exterminateur : laver tous ses vêtements à l'eau chaude, désinfecter ses effets personnels dans des tentes chauffantes, mettre son matelas dans une housse de plastique.

Mais l'infestation persiste. Luce et André croient que l'organisme Ma Chambre Inc, qui gère leur immeuble au nom de la SHDM, a été négligent en ne procédant pas à une décontamination complète. Ils racontent que l'exterminateur ne faisait qu'un ou deux appartements à la fois sans que le foyer principal, situé au 2e étage, ne soit traité.

Un locataire expulsé

La porte-parole de la SHDM, Leslie Molko, reconnaît que le foyer principal de l'infestation n'a pas pu être tout de suite traité, ce qui a limité l'efficacité des traitements. L'un des locataires refusait de donner accès à son petit deux pièces aux exterminateurs. Il a fallu l'expulser l'automne dernier.

Leslie Molko précise que la clientèle des maisons de chambre est plus fragilisée, parfois instable. Sur le plan humain, la situation est plus difficile, dit-elle.

Certains prennent aussi des risques, ajoute-t-elle, en récupérant par exemple des choses trouvées dans la rue sans être vigilantes.

Le porte-parole de l'Association québécoise de la gestion parasitaire, Alexandre Prud'Homme, ne veut pas prendre position dans le conflit mais rappelle que la ville dispose d'un règlement sur la salubrité et l'entretien pour faire face à ce type de situation.

« C'est interdit de refuser l'accès, exemple, à une firme d'extermination ou de gestion parasitaire si les gens ont été avisés, rappelle-t-il. Donc, si les gens refusent l'accès, normalement, ils s'exposent à une amende. Je ne peux pas dire précisément qui ne joue pas son rôle, mais c'est l'ensemble qui fait qu'on est rendu là, je pense ».

Ces dernières années, le nombre de cas déclarés d'infestations de punaises de lit a doublé à Montréal.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine