Difficile de penser à un adversaire plus intimidant. Difficile de trouver un calendrier plus défavorable. Mais l'Impact assume son rôle de négligé et a ses idées pour surprendre les Red Bulls au match-aller de la demi-finale de l'Est.

Un texte d'Olivier Arbour-Masse

Les hommes de Mauro Biello n'ont eu que deux entraînements pour se préparer à affronter « la meilleure équipe de la Ligue » (dixit Ambroise Oyongo) après leur victoire spectaculaire de 4-2 en match de barrage à Washington, jeudi. Deux jours, c'est peu. Encore plus quand votre adversaire est au repos depuis une semaine.

Mais malgré les 37 ans d'un Patrice Bernier ou les 33 ans d'un Marco Donadel, Mauro Biello assure que « tout le monde a récupéré ». Il admet tout de même que ses hommes devront gérer leurs énergies.

« La possession du ballon, ce n'est pas toujours pour charger le filet, note l'entraîneur. Il faudra se reposer à l'occasion quand on a le ballon et leur faire mal en reconnaissant les bons moments pour attaquer. »

Deux complices redoutables

Les Red Bulls n'ont qu'une fiche de 3-7-7 sur la route, mais n'ont pas baissé pavillon à leurs 9 derniers matchs loin de New York.

En fait, leur dernière défaite, à domicile comme à l'étranger, remonte au 3 juillet. Ils n'ont pas perdu à leurs 16 derniers matchs. Pas mal sur un calendrier de 34 matchs.

Au centre de ces succès, le tandem de Bradley Wright-Philips et Sacha Kljestan terrorise les défenses adverses. Le premier mène le circuit Barber avec 24 buts, dont 12 à ses 10 derniers matchs. Le second a établi un record avec 20 passes décisives.

« On doit se concentrer davantage sur Sacha, car il alimente Wright-Philips, croit le gardien Evan Bush, qui se méfie également des jeux arrêtés créatifs des New-Yorkais.

« Les derniers matchs contre eux, (Kljestan) dérivait vers les ailes parce qu'on serrait le milieu. On doit le contenir, car il peut servir des passes létales. »

La seule fois que Wright-Philips n'a pas marqué à ses 10 derniers matchs, c'était contre l'Impact le 24 septembre. Ce match, même s'il avait échappé aux Montréalais par la marque de 1-0, a donné le ton pour la poussée de fin de saison qui a culminé avec une qualification en éliminatoires.

« Dans les matchs précédents, on avait connu notre lot de pannes. J'ai senti que je devais me lever à la hauteur de l'enjeu et mener par l'exemple, se souvient Bush, qui avait disputé un de ses meilleurs matchs de la saison. On n'a pas eu le résultat qu'on voulait, mais on a retiré quelque chose de ce match, tant moi que l'équipe. »

L'entraîneur de l'Impact semble avoir décelé une faille dans le jeu des Red Bulls. « Ils vont sortir très fort et jouer leur style. Ils appliqueront de la pression très haut sur le terrain. Mais ils ont eu beaucoup de difficultés en fin de match au niveau des buts accordés. »

« On va trouver nos ouvertures. On l'avait fait à domicile contre eux, on avait été capables de marquer trois buts en deuxième demie. »

Cette victoire de 3-0 est toutefois survenue en mars, alors que les Red Bulls connaissaient leurs pires moments de la saison. L'Impact s'est frotté à une version à jour des Red Bulls le 13 août (défaite de 3-1) et en septembre.

Mais les Montréalais ne s'embarrassent pas de leur statut de négligés. « L'Impact, c'est toujours ça. Quand on est en difficulté, on montre qu'on est là, qu'on ne dort pas. On aime cette position », lance le défenseur Ambroise Oyongo.

Billets, ultras et Drogba

En milieu d'après-midi, quelque 13 000 billets avaient trouvé preneur pour le match de dimanche. L'Impact en a écoulé 8000 en prévente de lundi à jeudi et, depuis, en vend à un rythme sans précédent, selon le vice-président exécutif Richard Legendre.

Le court délai entre la confirmation de ce match et sa tenue compromet la possibilité d'un stade rempli à pleine capacité.

L'ambiance sera également mise à mal par l'interdiction des ultras d'apporter banderoles et tambours, conséquence leur utilisation de fumigènes au dernier match de la saison contre Toronto.

C'est dans ce contexte que Didier Drogba pourrait disputer son dernier match à Montréal. Les chances de le voir sur la pelouse demeurent minces comme il ne s'est pas entraîné depuis deux semaines.

Drogba « a senti quelque chose (vendredi) encore » quand il a trotté en marge de l'entraînement, a expliqué Biello. L'attaquant devait s'échauffer à l'intérieur samedi et rejoindre le groupe s'il s'en sentait capable. Il n'était toutefois pas sur le terrain durant les 15 minutes d'entraînement ouvertes aux médias.

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