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Les rencontres marquantes de Bertrand Raymond

Le journaliste et éditorialiste sportif Bertrand Raymond a lancé mardi, à Montréal, son premier livre, 50 ans parmi les géants, dans lequel il revient sur plus d'un demi-siècle de carrière.

Un texte d'Olivier Paradis-LemieuxEn 38 récits autobiographiques – comme il les appelle – le journaliste, membre du Temple de la renommée du hockey depuis 1990, s’attarde principalement à ceux qu’il a côtoyés plutôt qu’à sa propre personne.

« Je me suis un peu débarrassé de ma vie personnelle dans les quatre premiers chapitres », a-t-il candidement avoué lors du lancement au Centre Bell.

Bertrand Raymond passe rapidement sur ses débuts en journalisme à Chicoutimi, puis sur son arrivée à Montréal où son ambition et un peu de chance l’ont vite mené sur la passerelle du Forum où il a suivi le Canadien pour un quotidien naissant, le Journal de Montréal.

C’est d’ailleurs un de ses modèles comme journaliste, Jacques Beauchamp, qui l’a lui-même embauché puis désigné comme son successeur dans les pages du Journal pour lequel il a continué d’écrire jusqu’au lock-out de 2009. D’ailleurs, cet épisode sombre de sa carrière conclut le livre et comporte les seuls réels règlements de compte de l’ouvrage.

Sans surprise, ce sont principalement les grandes figures du Canadien de Montréal des 50 dernières années qui occupent la majorité de l’ouvrage.

« Avec ce livre, j’ai voulu faire ressortir les personnalités et les événements qui m’ont marqué, a-t-il expliqué. Tu ne peux pas t’égarer dans le livre, dès que tu as fini un chapitre, tu en commences un autre de complètement différent. »

En plus de Bob Gainey et de Serge Savard, présents au lancement, les Guy Lafleur, Ken Dryden, Patrick Roy, Jean Béliveau et autres hockeyeurs mythiques du Tricolore font tous l’objet d’un court chapitre d’une dizaine de pages dans lesquels le scribe alterne entre anecdotes personnelles et portraits de caractère. Bertrand Raymond se permet toutefois quelques excursions dans le monde du baseball avec Dennis Martinez et Jeffrey Loria, ou encore dans celui de la boxe avec Éric Lucas.

L’écriture du livre de 320 pages l'a bien sûr obligé à remonter dans ses souvenirs, mais aussi à relire nombre d’articles qu’il avait oublié avoir écrits.

« Et puis, c’est sûr que quand j’écrivais le livre, je n’en revenais pas à quel point le métier avait changé. C’est comme si je le réalisais davantage en l’écrivant, a-t-il observé. Aujourd’hui, tu pèses sur "envoyer" et ton article est sur le bureau du chef de pupitre dans la seconde. J’ai connu les voyages avec la grosse machine à écrire et devoir trouver dans chaque ville des entreprises pour envoyer nos textes à Montréal. »

« À San Francisco, quand on jouait contre les Golden Seals, il n’y avait personne qui pouvait envoyer nos textes. Je passais deux heures au téléphone à dicter mon article. J’en ai même déjà dicté un au télégraphe! »

Bertrand Raymond est toutefois bien conscient qu’il a exercé son travail à une époque dorée de la discipline, lorsqu’ils n’étaient qu’une poignée à couvrir le Canadien et que l’accès aux joueurs et aux dirigeants était bien plus aisé.

« Bertrand avait un souci du détail, une honnêteté dans son propos et une humanité dans ses textes uniques. C’est le summum du journalisme sportif au Québec », a souligné son ancien collègue Serge Vleminckx.

Devant la centaine de personnes réunies au Centre Bell, Bertrand Raymond a accepté que pour la première fois de sa vie le mot auteur soit accolé à son nom, malgré le sentiment d’imposteur que cela lui procure.

« J’ai toujours voulu devenir journaliste, mais je n’ai jamais rêvé d’écrire un livre », mentionne-t-il dans le prologue de l’ouvrage. Mais en bon journaliste, a insisté son éditeur, il a remis son manuscrit sans dépasser les délais prescrits.50 ans parmi les géants - le carnet de mes souvenirs est publié aux Éditions Hurtubise.

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