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Les risques de commotion cérébrale au football décortiqués par mouvements

Prévenir afin de mieux guérir. C'est le défi que se sont lancé trois jeunes chercheurs de l'Université McGill et de l'Université Queen's. Ils tentent de cibler les comportements à risques qui pourraient mener à des commotions cérébrales lors d'entraînement de football à l'aide d'une nouvelle méthode de recherche expérimentale.

Un texte de Nicolas Boni-Rowe

Le but du trio de chercheurs est d’abord de voir s’il peut y avoir une corrélation entre certains mouvements dangereux et l’obtention d’une commotion. Ils émettent ensuite des recommandations aux équipes qui participent au programme pour qu’elles améliorent la sécurité de leurs joueurs.

« Au début, on cherche à voir si on est vraiment capable de cibler les facteurs de risques, puis, avec nos interventions, on veut voir que les risques baissent au cours de la saison […] on va revenir à la mi-saison et à la fin pour faire d’autres tests », raconte Marie-Michelle Boulanger l’une des personnes à l'origine de l’événement NeuroProtection Project (NP2) qui avaient lieu à Lachine, samedi.

Les programmes de football de l’école secondaire Dalbé-Viau ont été les premiers en fin de semaine à recevoir ce type d’entraînement particulier au Québec. Ils ont obtenu ce traitement de faveur parce que les deux autres membres fondateurs de cette initiative, Allen Champagne et Vincent Distefano, sont d’anciens étudiants et joueurs de l’institution.

D’ailleurs, d’après Champagne, s’il n’y a pas de formule magique pour mettre un terme de manière permanente aux commotions, le message de leur projet est de montrer que la collaboration entre différents partenaires peut apporter son lot de solutions.

« Aujourd’hui, il y a environ 150 jeunes qui participent […] il n’y a personne qui devrait avoir le crédit tout seul [pour cette journée] c’est un travail d’équipe, c’est la réalité du sport », estime celui qui a aussi fait un séjour en Caroline du Nord, aux États-Unis, avant de se retrouver à l'Université Queen's, à Kingston.

Le but n’est pas d’éradiquer les commotions cérébrales, mais bien de comprendre d’où elles proviennent et de procurer les bons réflexes aux jeunes joueurs pour qu’ils puissent être en mesure de les éviter le plus possible tout au long de leur carrière.

De toute façon, pour Champagne, chaque joueur, chaque situation et chaque blessure est unique.

Les trois chercheurs souhaitent protéger les jeunes qui s’adonnent à ce sport de contact, mais ne veulent pas non plus nuire à leur efficacité sur le terrain.

« Tous les tests qu’on fait sont réalisés non seulement pour maximiser la protection, mais aussi pour maximiser la performance », soutient Distefano.

« Il y a beaucoup de doutes des parents, on veut les rassurer qu’avec une certaine technique qu’on est capable d’appliquer avec un suivi, on va prévenir les blessures […] quand les jeunes viennent à l’école secondaire et qu’ils sont introduits au monde du football », ajoute ce dernier.

Comment ça fonctionne?

Les joueurs d’une équipe sont séparés par type de position, puis participent à une batterie de tests qui leur font pratiquer plusieurs types de mouvements.

À tour de rôle, les joueurs se font appeler par leur numéro pour effectuer chacun des exercices à plusieurs reprises devant des caméras qui enregistrent tous leurs essais.

Les chercheurs analyseront certaines parties précises durant ces tests et pourront ensuite remettre une fiche technique à l’entraîneur. Ce dernier saura alors pour chacun de ses joueurs quels mouvements ils devront améliorer afin de s’assurer qu’ils arrivent en situation de match avec un risque de blessure minime.

« On filme tous les [exercices] que l’on fait et on cherche des mouvements ou de petites habitudes que les jeunes ont qui les mettent à risque de se blesser, explique Boulanger. On fait des analyses vidéo et on va créer des interventions pour aider à [régler] les faiblesses qu’on voit. »

Une vision à long terme

Même si le projet, qui en est à ses balbutiements, se concentre surtout sur les mouvements du corps pour l’instant, la doctorante en psychologie scolaire voudrait un jour aussi regarder la relation entre les entraîneurs et leurs joueurs et regarder comment ils abordent le sujet des commotions cérébrales.

« En ce moment, dans notre projet, on est vraiment [axé] sur l’aspect physique, mais, éventuellement, on aimerait aussi regarder comment les entraîneurs interagissent avec les jeunes et comment ils parlent des commotions pour voir s’il y a vraiment une influence que l’on pourrait changer », indique-t-elle.

À terme, Champagne affirme que ce modèle pourrait très bien aider à diminuer les risques dans d’autres sports comme le soccer ou le hockey.

Les organisateurs visent déjà plus loin et espèrent que leur projet pourra épauler des équipes de différents niveaux académiques dans le futur.

Ils avaient auparavant effectué un premier test avec les footballeurs d’une formation de Kingston en Ontario.

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