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Les services de garde en milieu familial se disent dénigrés face aux garderies privées

Les travailleuses des services de garde en milieu familial se disent dénigrées par le gouvernement québécois, soutenant que celui-ci favorise les garderies privées avec son nouveau système de crédit d'impôt. Des rassemblements se sont déroulés samedi à Montréal et à Alma pour réaffirmer l'importance d'un réseau public en matière de garde d'enfants.

Un texte de Michel Marsolais

« Il faut qu'on se lève pour sauver nos services publics, clame Diane Provost, responsable des services de garde au Bureau coordonnateur Ahuntsic. On s'est battus pour avoir ces services-là. On a commencé avec des garderies populaires, on est rendus avec des CPE... Il faut qu'on se soulève, parce que ce qui est en train d'être défait va prendre des années et des années à refaire. »

Les responsables des services de garde en milieu familial, tout comme celles des Centres de la petite enfance (CPE), ont été choquées par les récents propos de la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, qui affirmait qu'elle ne voyait pas de différence entre un service de garde en CPE et une garderie commerciale.

La ministre réagissait ainsi aux craintes des CPE, qui notent que 4000 enfants ont déjà quitté le système public pour aller au privé.

« Aujourd'hui on est là pour montrer à la ministre qu'on est déterminés et [pour] lui faire comprendre qu'elle doit réajuster son tir », a soutenu Lucie Longchamps, de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN),

Les garderies privées « sont là pour le profit », a ajouté Diane Provost, selon qui les programmes et l'encadrement sont moins rigoureux au privé qu'au public.

Les organisateurs de l'événement notent que les plaintes sont aussi cinq fois moins nombreuses dans les services de garde en milieu familial que dans les garderies privées, qui pourtant prennent en charge moins d'enfants.

Des coupures de 74 M$

Le secteur a subi des coupes de 74 millions de dollars cette année. Pour les CPE, les coupes se chiffrent à 36,9 millions de dollars. Pour les services de garde en milieu familial, les coupures équivalent à 1,7 million et touchent les bureaux coordonnateurs.

Avec les nouveaux tarifs modulés selon les revenus, le coût d'une journée en garderie subventionnée fluctue entre 7,30 $ et 20 $. Mais il faut prendre en considération le crédit d'impôt.

Selon Philip Morgan, professeur au Département de sciences économiques de l'ESG-UQAM, les crédits d'impôt sont si généreux qu'en y ajoutant le crédit provincial pour frais de garde d'enfants, il pourrait être plus avantageux pour certaines familles québécoises de placer leur enfant dans une garderie privée non subventionnée.

« Plusieurs services de garde en milieu familial sont menacés de disparaître parce que les parents quittent de plus en plus pour se tourner vers la garde commerciale sans place à contribution réduite qui profite largement des crédits d'impôt octroyés aux familles », estime Lucie Longchamps.

« Nous sommes très inquiets de la situation », dit aussi la présidente du Conseil central de Montréal-Métropolitain (CCMM-CSN), Dominique Daigneault.

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