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Les travaux de l'échangeur Turcot entrent dans leur phase cruciale

Les travaux de réfection de l'échangeur entrent dans leur phase la plus aiguë avec le retranchement d'une voie à la bretelle reliant l'autoroute 20 est à l'autoroute Ville-Marie. Les automobilistes qui doivent emprunter cette bretelle sont invités à se convertir au transport en commun ou à prendre leur mal en patience.

Le cauchemar annoncé aux automobilistes en provenance de l'ouest de l'île de Montréal ne s'est pas vraiment concrétisé. Les automobilistes qui ont dû emprunter l'échangeur Turcot ont eu droit à un mauvais rêve de 20 minutes.

C'est le temps - estimé par les automobilistes eux-mêmes - qu'ils ont mis de plus à franchir la distance qui les sépare de leur lieu de travail habituellement. « Je m'attendais à pire », confie un automobiliste en précisant que le travail des policiers affectés à la circulation avait contribué à améliorer la fluidité de la circulation.

La circulation a commencé à s'alourdir vers 6 h 30 et la situation s'est envenimée par la suite. À 7 h 15, la file de voitures s'étirait sur l'autoroute 20 jusqu'à la jonction de la route 138 à la sortie du pont Champlain. La situation est rentrée dans l'ordre dès la fin de l'heure de pointe vers 9 h. Le chroniqueur de la circulation de Radio-Canada Yves Desautels croit que les automobilistes avaient prévu le coup et que plusieurs d'entre eux ont trouvé un moyen d'éviter la congestion monstre qui était attendue. 

L'objectif des travaux est de raccorder à la bretelle fermée les deux voies de la nouvelle route 136, qui remplacera, au terme des travaux, l'autoroute 720 est.

Le scénario le moins perturbateur, dit Québec

Le consortium qui dirige les travaux de quelque 3,67 milliards de dollars estime qu'il s'agit de la moins mauvaise des solutions pour les 3600 automobilistes qui empruntent la bretelle aux heures de pointe. Un point de vue partagé par le ministère des Transports du Québec.

« Le ministère a retenu le scénario le moins contraignant pour les usagers de la route », explique la porte-parole du ministère des Transports du Québec, Nomba Danielle.

« On est dans le cadre d'un vaste chantier, on est au cœur de l'échangeur Turcot, le point le plus névralgique de la circulation au Québec, poursuit-elle. La moindre intervention au cœur de l'échangeur Turcot entraîne des répercussions importantes. »

Le président et directeur général de l'Association du camionnage du Québec, Marc Cadieux, souligne que la congestion engendrée par les travaux à l'échangeur Turcot aura des répercussions sur l'industrie du camionnage. « Il y a une perte de temps énorme, explique-t-il.

« Nous sommes aussi assujettis aux heures de service en vertu de la loi, il y a donc une conjugaison d'éléments qui font que les coûts d'exploitation augmentent, a-t-il poursuivi. « Et oui, il faudra penser et envisager des frais de surcharges pour le transport des marchandises via l'île de Montréal. »

Prendre son mal en patience

Pendant que certains automobilistes pestent contre les travaux, d'autres les envisagent avec philosophie.

« Moi, je suis sur la route tout le temps et je peux vous dire que je commence à être tanné, confie un automobiliste. Ça déborde complètement ce que je pourrais comprendre de la situation. C'est ridicule. »

« Il faut partir tôt et s'ajuster. C'est tout », philosophe un autre automobiliste résigné.

« Éventuellement, oui, ça va devenir compliqué. Déjà que ça l'est dans le jour », ajoute un camionneur.

La STM ajoute une rame de métro

La Société de transport de Montréal (STM) a ajouté un train sur la ligne verte du métro aux heures de pointe. La mesure permettra d'ajouter 4000 places à sa capacité. La STM a également acquis 25 autobus qu'elle entend affecter à la bonification de 13 circuits d'autobus du réseau desservant le secteur.

Le ministère des Transports s'attend à ce que des bouchons de circulation de 5 à 8 km de longueur se forment aux heures de pointe quotidiennes.

Un conseiller de la Ville de Montréal dans le secteur, Craig Sauvé, estime que la Ville a eu une bonne idée en incitant les gens à utiliser le transport en commun, mais il croit que c'est insuffisant. « Les gens de Lachine et de LaSalle le savent, on a besoin de quelque chose de plus de qualité », explique M. Sauvé.

Les automobilistes qui ne peuvent faire autrement que d'utiliser leur voiture sont invités à emprunter la rue Saint-Patrick ou la rue Notre-Dame afin d'éviter la zone où se déroulent les travaux.

La situation continuera de s'envenimer dans le secteur à la mi-novembre lorsqu'une autre bretelle de l'échangeur Turcot, celle menant de la 15 Sud à l'autoroute Ville-Marie, sera définitivement fermée pour être remplacée par la nouvelle route 136. Seulement deux des quatre voies de cette nouvelle route seront ouvertes lors de sa mise en service.

Les travaux de l'échangeur Turcot, qui constitue le plus gros chantier au Québec, devraient être achevés, dans le meilleur des scénarios, en 2020.

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