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Les urgences de Montréal débordent avec la fin des vacances des Fêtes

Encore une fois, les salles d'urgence des hôpitaux du Québec sont envahies de malades en ce retour des Fêtes. À Montréal, par exemple, les taux d'occupation dépassent largement 100 % dans la plupart des établissements de santé. En cause : le vieillissement de la population, l'efficacité relative du vaccin contre la grippe et l'arrivée précoce de la souche B de l'influenza.

Un texte de Jérôme Labbé

C'est devenu un classique : des salles d'attente remplies à pleine capacité une fois les Fêtes de Noël terminées.

Lundi matin, le taux d'occupation des civières était de 149 % à l'Hôpital général Juif, de 145 % à l'Hôpital du Lakeshore et de 130 % à l'Hôpital Royal Victoria, où 13 patients attendaient depuis plus de 48 heures sur des civières. Et ce ne sont là que quelques exemples tirés du portail Santé Montréal du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Le phénomène était aussi observable en région. En Mauricie et dans le Centre-du-Québec, par exemple, 179 % des places étaient occupées à l’Hôpital Sainte-Croix de Drummondville, tandis que ce taux était de 174 % à l'Hôpital du Centre-de-la-Mauricie, à Shawinigan.

En Montérégie, l'Hôpital Honoré-Mercier, à Saint-Hyacinthe, et le Centre hospitalier Anna-Laberge, à Châteauguay, affichaient même des taux dépassant les 200 %.

Rien à voir avec le froid, affirme Caroline Dusablon, coordonnatrice régionale des mesures d'urgence au CIUSSS du Centre-Sud-de-l'île-de-Montréal. Ou si peu.

« C'est une situation qu'on observe souvent après les Fêtes, a-t-elle expliqué lundi matin sur les ondes d'ICI RDI. Les gens n'ont pas nécessairement consulté tout de suite. Ils ont rencontré aussi beaucoup de personnes. Donc oui, il y a les virus habituels qu'on a contractés pendant le temps des Fêtes, mais il y a aussi beaucoup d'autres pathologies qu'on observe avec les centres hospitaliers. On parle de beaucoup de gens de 75 ans et plus qui ont des problèmes de santé. »

Et le froid? « C'est possible, répond Mme Dusablon. Quand on parle avec les établissements, ce qu'on nous dit, c'est que c'est un amalgame de toutes sortes de problèmes de santé. »

Mais pour le Dr Alain Vadeboncoeur, urgentologue et chef du service de médecine d'urgence de l'Institut de cardiologie de Montréal, les hôpitaux sont victimes d'un problème systémique. Le Québec est, selon lui, l’un des endroits au monde où il y a le moins de lits d’hospitalisation disponibles. Et l'accès à la « première ligne » (accès à un médecin de famille, à une clinique sans rendez-vous, etc.) demeure un problème.

« Quand il y a une vague d'hospitalisation subite – c’est ça qui arrive quand un virus de la grippe frappe aussi fort – on a peu de marge de manoeuvre pour y faire face. C’est quelque chose d’assez gros comme problème, mais qui touche la façon dont le système est construit », a-t-il expliqué lundi à l'émission Gravel le matin, sur ICI Première.

La présence simultanée de deux virus de la grippe aurait également empiré la situation, reconnaît-il. S’il est normal d’avoir à combattre la grippe de type A à ce temps-ci de l’année, la souche B, déjà présente, arrive habituellement plus tard dans la saison.

La faible efficacité du vaccin contre l'influenza pourrait en outre expliquer en partie la congestion dans les urgences. L'administratrice en chef de la santé publique du Canada a récemment affirmé que ce vaccin pourrait, cette année, être inefficace contre la souche A.

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