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Les villes défusionnées demandent à Québec de revoir la gouvernance de l'île de Montréal

Frustrés par les hausses des quotes-parts décrétées par l'administration Plante-Dorais, les maires des 15 villes défusionnées de l'île de Montréal se tournent vers le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, pour modifier les règles de gouvernance de l'agglomération. Une rencontre devrait avoir lieu sous peu.

Cette sortie intervient au lendemain de l'adoption du budget 2018 de la Ville de Montréal par le conseil municipal.

Le budget a aussi été approuvé par le conseil d'agglomération jeudi après-midi, mais seulement après des échanges empreints d'amertume. Car les élus des villes défusionnées ont voté contre.

Ces maires se sentent impuissants, puisqu'ils disposent d'un poids politique largement inférieur à celui de la Ville de Montréal, dont la population représente plus de 80 % de celle de l'île.

Les « villes liées », comme on les appelle aussi, sont regroupées au sein de l'Association des municipalités de banlieue (AMB), présidée par le maire de Montréal-Ouest, Beny Masella.

L'AMB a fait parvenir jeudi une demande formelle au ministre Coiteux, lui demandant d’entreprendre un important processus de révision, tant des règles de gouvernance que du partage des coûts de l’agglomération « afin d’en rétablir l’équité » pour l’ensemble des résidents de l’île.

« Le budget inflationniste de la Ville et de l’agglomération de Montréal a été réalisé en vase clos et à l’encontre des engagements fermes et maintes fois répétés par les dirigeants de l’administration de la mairesse Valérie Plante, écrit M. Masella. Il a forcé nos 15 administrations à revoir, à quelques jours de la date légale d’adoption des budgets municipaux, l’ensemble de nos engagements, services et entretien d’infrastructures pour 2018. Cette manœuvre irrespectueuse nous a forcés à puiser dans nos réserves de prévoyance, exactement comme si nos villes étaient placées devant un cas de force majeure ou une catastrophe naturelle ou accidentelle! »

Le cabinet de Martin Coiteux confirme avoir reçu la lettre des villes liées. « En tant que ministre responsable de la région de Montréal, le ministre Martin Coiteux souhaite rencontrer les signataires prochainement afin d'entendre leurs points de vue », a confirmé sa directrice des communications, Marie-Ève Pelletier, soulignant que « les enjeux soulevés à l'égard de la gouvernance des agglomérations ne concernent pas uniquement Montréal ».

Le sentiment d'impuissance des maires de villes défusionnées ne date pas d'hier, mais il a été amplifié par le premier budget de Projet Montréal, qui prévoit une hausse moyenne des quotes-parts de 5,3 % des villes défusionnées.

Pendant la séance du conseil d'agglomération, le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Benoit Dorais, a pourtant tendu la main aux municipalités défusionnées. « Soyez assurés que pour la confection du budget 2019, [...] on vous contactera, on vous mettra dans le coup », a-t-il promis.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s'est elle aussi engagée à collaborer davantage avec ses collègues des villes voisines dans le futur. Elle a aussi évoqué « un manque de communication » de la part de son administration.

Mme Plante a répété que le budget 2018 est « responsable » et qu'il découle « d'une situation difficile » que lui a léguée l'administration de son prédécesseur Denis Coderre.

Mais « ce n'est pas un budget inflationniste », a insisté M. Dorais, en faisant valoir qu'il comporte plusieurs éléments ponctuels, notamment des investissements importants dans le réseau d'aqueduc.

« Les chiffres, ce sont les chiffes, leur a rétorqué le maire Bourelle. Quand on présente un budget [avec une hausse de] de 5,3 % et que l'inflation est en réalité de 1,7 %, c'est trois fois l'inflation. Alors M. Dorais peut avoir toutes sortes de façons de définir son budget, mais c'est un budget réellement inflationniste. »

« Ce n'est pas des explications qu'on voulait, c'est une révision du budget, a poursuivi M. Bourelle. C'est clair qu'on n'a pas obtenu ce qu'on cherchait. »

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