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Libérez Homa Hoodfar de toute urgence, disent des professeurs de Concordia

« C'est une urgence, c'est une question de vie ou de mort », affirme Kimberley Manning, professeure à l'Université Concordia au sujet du sort de sa collègue, Homa Hoodfar, emprisonnée en Iran. « À ce stade-ci, nous ne savons même pas si Dre Hoodfar est encore en vie. »

C'est en ces termes qu'un groupe de professeurs de Concordia et des membres de la famille Hoodfar ont réclamé la libération de la professeure d'anthropologie, mercredi, lors d'un point de presse à Montréal.

Ce n'est pas la première fois que le sort de cette femme de 65 ans suscite de vives inquiétudes. Le Barreau du Québec et Avocats sans frontières Canada, par exemple, avaient exprimé leur préoccupation à cet égard cet été.

Une santé précaire

Mais le fait qu'elle ait été hospitalisée en août et qu'elle soit de retour dans la prison d'Evin dans des conditions périlleuses pour sa santé pousse maintenant un nombre croissant de gens à intervenir publiquement.

La professeure retraitée souffre de myasthénie, une maladie auto-immune rare caractérisée par une faiblesse musculaire. Ses proches doutent qu'elle soit correctement médicamentée depuis le début de sa détention, le 6 juin dernier.

La prison d'Evin est celle dans laquelle la photojournaliste Zahra Kazemi avait perdu la vie, en 2003, après avoir été battue, torturée et agressée sexuellement. Tout comme Homa Hoodfar, Mme Kazemi détenait la double nationalité canadienne et iranienne.

Homa Hoodfar possède également la nationalité irlandaise. Aussi le groupe d'universitaires qui milite pour sa libération appelle-t-il les gouvernements canadien, iranien et irlandais à intervenir pour la faire libérer.

Des accusations mensongères

Les proches de Homa Hoodfar sont persuadés que les accusations qui pèsent contre elle en Iran ont été forgées par les autorités de ce pays. En juillet dernier, des agences de presse iraniennes avaient annoncé le dépôt de ces accusations sans en préciser la nature. Le procès de la professeure n'a pas encore été tenu.

Mme Hoodfar serait soupçonnée d'avoir collaboré avec un gouvernement hostile à l'Iran et d'avoir fait de la propagande.

Ses recherches universitaires portaient sur les femmes musulmanes dans différentes régions du monde. Sa nièce, Amanda Ghahremani, qui participe actuellement au Brésil à une conférence internationale sur les recherches féministes, croit que la situation de Homa Hoodfar devrait interpeller tous ceux qui travaillent dans ce domaine.

« J'espère qu'ils vont [se] mobiliser pour soutenir notre campagne parce que c'est une question qui est plus que canadienne ou iranienne, affirme Amanda Ghahremani. C'est quelque chose qui devrait intéresser toutes les femmes autour du monde. »

Le ministre Dion mise sur l'aide de pays tiers

Homa Hoodfar s'était rendue en Iran pour y mener des recherches d'archives et pour y visiter des proches.

Par courriel, Chantal Gagnon, porte-parole du ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion, a rappelé qu'Ottawa était préoccupé par le sort de Homa Hoodfar et avait été avisé de cette initiative de ses collègues de l'Université Condordia.

Le ministère précise être en contact étroit avec Amanda Ghahremani, la nièce de Mme Hoodfar, ajoutant que cette affaire est une priorité.

Le fait que le Canada n'ait pas de présence diplomatique en Iran pose des défis « qui ne peuvent pas être sous-estimés », précise dans son message la porte-parole du ministre Dion.

En juin dernier, le ministre des Affaires étrangères du Canada avait déjà commenté le cas de la professeure Hoodfar. Stéphane Dion avait alors admis que les négociations avec les autorités iraniennes étaient difficiles.

« On travaille avec des pays tiers qui sont des amis et qui vont nous aider dans les circonstances, avait indiqué le ministre Dion. Ils vont tout faire pour nous aider. Et on va tout faire pour aider cette Canadienne en difficulté. »

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