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Lindgren se démarque, Galchenyuk se cherche

Lundi soir, Charlie Lindgren marchait avec des béquilles. Vendredi, le gardien du Canadien a été celle de ses coéquipiers.

Un texte d’Alexandre Gascon

Non pas qu’il ait volé le match, loin de là, mais il a été cette soupape de sécurité, ce pilier sur lequel le Tricolore a pu s’appuyer pour bâtir son premier succès en sept matchs d’avant-saison.

« Charlie a été un gardien de la Ligue nationale ce soir », a résumé Phillip Danault.

Lindgren a repoussé 22 des 23 tirs dirigés vers lui. Il s’est signalé devant Vincent Trochek, entre autres, en le frustrant sur une échappée et de nouveau en avantage numérique.

Pas mal pour un gardien qui s’est blessé en s’étirant après une partie de soccer, à quelques heures d’amorcer le match contre les Maple Leafs en début de semaine.

« C’était bizarre. J’ai donné un coup de pied et après, vraiment, cette soirée-là, je ne pouvais même pas marcher; j’étais mal en point, a raconté le volubile gardien. C’est fou, quand c’est arrivé je me suis dit, ça a l’air sérieux. J’étais en béquilles lundi soir. Je suis allé me coucher frustré, parce que je ne savais pas ce qui allait arriver. Je me suis réveillé mardi matin et je marchais correctement. J’ai été vraiment chanceux. »

Un beau problème

Entre les nombreuses discussions sur la relance inefficace du Canadien, les problèmes d’Alex Galchenyuk, la difficulté à marquer des buts, l’identité du futur partenaire de Shea Weber et la qualité du jeu de Victor Mete et de Charles Hudon, le dossier des gardiens est passé sous silence depuis le début du camp.

Pourtant, la mauvaise tenue d’Al Montoya (12 buts sur 74 tirs, pourcentage d’efficacité de ,838) comparée à celle, excellente, de Lindgren soulève des questions.

L’échantillon est encore mince, mais l’avenir du jeune gardien de 23 ans est prometteur.

Vaudrait-il mieux pour son développement qu’il apprenne à Montréal aux côtés de Carey Price en jouant avec parcimonie ou à Laval en se taillant la part du lion?

« Je ne sais pas; l’un ou l’autre, tu ne peux pas perdre, a lancé Lindgren, sourire aux lèvres. Ce n’est pas moi qui décide. »

En effet, ce sera principalement l’entraîneur, et son idée semble faite.

« Charlie Lindgren est devenu ce gardien aujourd’hui, parce qu’il a beaucoup joué l’année dernière. Les jeunes gardiens ont besoin de jouer pour être bons et s’améliorer. Nous aurons à prendre une décision. Notre luxe cette année, c’est qu’ils ne sont qu’à 20 minutes d’ici », a fait valoir Julien.

« Ce que Montoya a à traverser durant une saison, ce n’est pas facile. S’entraîner fort chaque jour et regarder le numéro un jouer beaucoup, ce n’est pas une tâche facile. Charlie n’a jamais vraiment été dans cette position. Tu dois faire attention », a-t-il renchéri.

Bref, la prudence sera de mise à son égard. Mais après un camp d’entraînement un peu terne, la qualité de son jeu a quelque chose de rafraîchissant. Il s’agit certainement d’un des beaux espoirs de l’organisation. Là où, diront les esprits pernicieux, le CH en a le moins besoin.

Ardeur, travail et rétrogradation

Claude Julien cachait une petite surprise à la fin de son point de presse après l’entraînement matinal : Alex Galchenyuk s’est retrouvé dans un trio en compagnie de Peter Holland et de Nikita Scherbak contre les Panthers, vendredi soir.

L’entraîneur a beau affirmer qu’on l’y a envoyé « parce qu’on pensait qu’il y aurait eu une petite chimie et que ça pourrait l’aider », personne n’a été dupe.

Il a amorcé le camp avec Danault et Brendan Gallagher, suivi de Danault et Hemsky, et maintenant, Holland et Scherbak. Le premier lutte pour un poste dans le quatrième trio et l’autre amorcera la saison à Laval après avoir franchement déçu au camp.

Galchenyuk a estimé avoir disputé son meilleur match cette année. Julien a corroboré du bout des lèvres.

On lui reproche sa nonchalance, des revirements dans son territoire, une mauvaise pénalité pour avoir asséné un petit coup de bâton paresseux, tandis que le Canadien appliquait de la pression profondément dans le territoire de la Floride.

Galchenyuk est blanchi en cinq rencontres en avant-saison et il affiche un ratio défensif de -3. Il a dirigé un seul tir au filet vendredi, malgré près de trois minutes passées en avantage numérique.

Où trouvera-t-il sa place dans la formation, le mystère demeure entier.

Pendant ce temps, son ancien joueur de centre, Danault, en compagnie de Paul Byron et d'Andrew Shaw, a fait flèche de tout bois. Le trio a réussi les trois buts du CH.

« On travaille ensemble, on se positionne bien, on s’entraide, et c’est ce qui fait la chimie », a expliqué le Québécois.

« On a une bonne chimie, on joue tous à une bonne vitesse, a ajouté Shaw. On n’aime pas ralentir le jeu, on aime pousser la rondelle vers l’avant et s’appuyer les uns les autres, ça a fonctionné pour nous ce soir. »

« On est trois gars qui travaillons fort, de renchérir Byron, auteur d’un doublé. On joue nord-sud. »

Il y a comme un leitmotiv ici qui ne s’applique pas à tous. Pas encore en tout cas.

Mete se rapproche de Montréal

Le test était important. Pour la première fois en quatre rencontres, Victor Mete jouait sans la présence rassurante de Shea Weber à sa droite.

Il y a plutôt retrouvé Jordie Benn, et le duo a affiché une belle cohésion, le jeune défenseur de 19 ans n’hésitant pas à appuyer l’attaque.

Il a même failli marquer au milieu de la troisième période quand il a renversé la défense floridienne par sa vitesse en attaquant le centre de la glace.

« J’ai commencé un peu lentement, mais je me suis repris; en général, c’était assez bon », a évalué Mete, qui n’a jamais considéré modérer ses ardeurs offensives.

« Les entraîneurs ne m’ont rien dit encore, alors je fais seulement ce que j’ai l’habitude de faire. J’arrêterai quand ils me diront d’arrêter. »

« C’est important, à nos yeux aussi, de voir qu’il est capable de jouer sans être avec le même joueur, parce que quand la vraie saison va débuter, s’il est ici, c’est difficile de penser qu’il va jouer contre les gros trios. Il faut donc être capable de voir l’autre côté de Victor Mete », a fait valoir Julien.

Il reste un match préparatoire au Canadien, samedi soir contre les Sénateurs. On saura dimanche au plus tard si cet autre côté de Mete, givré ou sérieux, à votre guise, aura plu à l’état-major.

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