Retour

LNH aux JO : Fasel évoque son impuissance et le manque de respect de la ligue

Sept mois après le refus sans équivoque de la LNH d'envoyer ses joueurs aux Jeux olympiques, le président de la Fédération internationale de hockey a accepté de revenir sur l'échec des négociations. René Fasel a admis son impuissance dans le dossier et a dénoncé « un manque de respect » de la ligue.

Un texte d’Alexandre Gascon et de Justine Roberge

Nous voici à 99 jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud, et le dossier de la présence des meilleurs joueurs au monde aux JO est refermé et scellé depuis longtemps.

Pourtant, quand Gary Bettman et la LNH ont envoyé un simple communiqué le 3 avril pour informer la planète qu’ils « considéraient le dossier officiellement clos », nombreux étaient ceux qui croyaient à un effet de toge, un feu d’artifice dans une stratégie de négociations discutable.

À ce moment-là, souvenons-nous, Alexander Ovechkin, à la limite de l’insolence, avait joué les braves et n’hésitait pas à provoquer le commissaire de la LNH, prêt à mordre la main qui le nourrissait.

Devant la fermeté de la position des propriétaires, le Russe avait lentement, mais sûrement, adouci le ton jusqu’à se rétracter complètement en septembre, tentant de se justifier en exécutant un double salto arrière en position renversée.

La Fédération internationale de hockey sur glace, l’IIHF, ne pourrait théoriquement pas empêcher un athlète de participer aux JO même s’il se trouvait à rompre son contrat avec son équipe professionnelle, mais elle n’encourage pas cette initiative.

« J’aurais aimé faire un pied de nez à la Ligue nationale et dire aux joueurs qui veulent venir qu’ils peuvent venir, mais il y a la raison et le respect des contrats, des lois et des règles dans la Ligue nationale », a expliqué René Fasel, joint au téléphone par Radio-Canada Sports.

Une décision irrespectueuse

Au fur et à mesure que l’entrevue avance, René Fasel abandonne tranquillement son ton conciliant et laisse paraître sa grande déception.

« C’est un manque de respect que la Ligue nationale a montré. Surtout vis-à-vis des fédérations nationales qui oeuvrent jour après jour pour former les joueurs. Les 1000 joueurs de la Ligue nationale proviennent du système des fédérations nationales, que ce soit Hockey Canada, USA Hockey, que ce soit les fédés suédoise, tchèque, russe ou autre. Ces joueurs-là sont tous développés dans notre système. Finalement, le manque de respect qu’ils nous montrent en déçoit énormément. Il n’y a même pas un merci de la part des dirigeants et proprios de la Ligue nationale », laisse tomber le patron de l’IIHF.

« Si le hockey sur glace a cet impact avec des joueurs extraordinaires, c’est qu’ils proviennent d’autres systèmes », a-t-il ajouté.

Un poids négligeable

La présence des joueurs aux Jeux olympiques est essentiellement une histoire de gros sous. La LNH ne voit pas où se situe son profit à interrompre son calendrier pour envoyer ses meilleurs éléments à l’autre bout de la planète, dans un marché asiatique qui ne présente pas nécessairement un fort potentiel de croissance du sport.

En négociateur aguerri, Gary Bettman a bien essayé de monnayer la participation de la LNH en échange de l’utilisation de la marque olympique à laquelle le CIO tient comme à la prunelle de ses yeux.

Les commanditaires officiels des Jeux paient des fortunes pour pouvoir utiliser les anneaux et les images olympiques. Le président du CIO, l’Allemand Thomas Bach, a refusé d'accorder ce privilège que la LNH aurait obtenu « gratuitement », d’une certaine façon.

Ce jeu de coulisses des puissants donnait l’impression que la Fédération internationale comptait pour quantité négligeable dans le dossier. Ce qu’a presque candidement admis René Fasel.

« Ils iront en Chine (en 2022, NDLR) parce que le marché est meilleur, plus grand développement, a estimé Fasel. Je n’ai pas bien compris par contre. Les deux tiers de la population mondiale vivent et habitent en Asie. Qu’on soit en Corée ou à Pékin. »

« La Corée aurait pu faire beaucoup pour promouvoir le hockey en Asie », a-t-il conclu.

Le président de l’IIHF a prêché pour sa paroisse et a assuré que le niveau de jeu n’en souffrirait pas, « les absents ont toujours tort », s’est-il justifié.

Difficile toutefois de ne pas avoir de petit pincement au cœur lorsqu’on regarde la liste préliminaire des joueurs pressentis pour intégrer Équipe Canada, et qu’on revoit du même coup le « but en or » de Sidney Crosby en 2010.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine