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Loin d’être meilleur, le groupe de défenseurs a coulé le Canadien

C'était le 11 septembre. Le soleil était radieux. Dans moins d'une heure, la sirène décrétant le départ simultané du tournoi de golf du Canadien allait retentir sur le prestigieux parcours de Laval-sur-le-Lac. Malgré un été difficile marqué par le départ d'Alex Radulov et la disparition complète du flanc gauche de sa brigade défensive, Marc Bergevin entrevoyait l'avenir avec optimisme.

« Je crois sincèrement que nous nous sommes améliorés à la position de défenseur. [...] Nous avons amené des joueurs qui comptent un peu plus d’expérience et qui font un peu mieux circuler la rondelle », avait plaidé le DG du CH. Cette audacieuse analyse avait ensuite été entièrement endossée par Claude Julien.

Andrei Markov, Alexei Emelin et Nathan Beaulieu (dont la production offensive totalisait 64 points) étant partis, leur succession a pris la forme d’un bon vieux sketch de porte tournante dans laquelle se sont successivement empêtrés (sur la gauche) Karl Alzner, Jordie Benn, Joe Morrow, Mike Reilly, Victor Mete, David Schlemko, Jakub Jerabek et Brandon Davidson.

On ne saura jamais quel genre de calcul s’était livré l’état-major du Canadien pour conclure que ses prières avaient quelque chance d’être exaucées. Mais ce qu’on savait à l’époque, c’était que le précédent groupe d’arrières du CH figurait jusque-là, bon an, mal an, parmi les dix plus productifs de la LNH en attaque. Ce qu’on savait aussi, c’est qu’avec un Carey Price en santé, le précédent groupe permettait à Montréal de se maintenir parmi les cinq plus étanches défenses de la LNH.

Ce que l'on sait maintenant, six mois plus tard, c’est que le Canadien a bouclé le calendrier au 28e rang du classement général (grâce à une récolte de 71 points) et qu’il vient de connaître l’une des pires saisons de son histoire.

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Statistiquement, pour bien comprendre ce qui s’est passé, voici ce qu’il faut retenir de la débandade du CH, qui avait récolté pas moins de 103 points en 2016-2017 :

- Malgré les blessures, malgré le départ de Radulov, malgré la saison en dents de scie de Jonathan Drouin et malgré le fait que le capitaine Max Pacioretty ait connu sa pire saison à Montréal, les attaquants du CH n’ont inscrit que 6 buts de moins par rapport à la saison précédente (176 contre 182).

- Collectivement, les défenseurs du CH ont toutefois récolté 39 points de moins qu’en 2016-2017. À travers la LNH, aucun autre groupe de défenseurs n’a enregistré une plus forte baisse de production.

- Sept équipes ayant participé aux séries la saison dernière en sont exclues ce printemps. Parmi elles, six ont vu la production offensive de leurs défenseurs chuter cette saison.

- Parmi les sept nouvelles équipes en séries cette année, six ont vu la production de leurs défenseurs s’accroître de façon significative en 2017-2018. (La septième équipe, Vegas, n’existait pas la saison dernière.)

- Les trois plus grosses surprises de la saison sont venues de Vegas, du Colorado et du New Jersey. Le groupe d’arrières des Golden Knights a présenté la huitième production de la LNH. Celui de l’Avalanche a enregistré la plus forte hausse (+42 points) et les défenseurs des Devils ont signé la deuxième hausse de production offensive (+40 points).

- QUEL EST LE LIEN ENTRE LA PRODUCTION OFFENSIVE DES DÉFENSEURS ET LE SUCCÈS COLLECTIF D’UNE ÉQUIPE? Plus vos défenseurs sont habiles, mieux ils font circuler la rondelle, plus rapides sont vos transitions et meilleur sera votre taux de possession. Les quatre équipes ayant accusé les plus fortes baisses de production de leurs défenseurs n’ont marqué que 9,5 buts de moins en moyenne. Mais elles en ont accordé 47 de plus que la saison précédente! En revanche, les quatre équipes qui ont profité des plus fortes hausses de production de leurs défenseurs n’ont accordé que 5,25 buts de moins à l’adversaire, mais, surtout, elles en ont marqué 49,5 de plus!

- Ceci expliquant en grande partie cela, le Canadien a marqué 16 buts de moins cette saison, mais il en a concédé 60 de plus. Une véritable hécatombe. La blessure subie par Shea Weber dès le premier match en octobre (il a cessé de jouer le 16 décembre) a certainement contribué à ces difficultés. Mais Weber n’est pas reconnu comme un arrière excellant lors des transitions. Et il ne joue pas sur le flanc gauche laissé à découvert par la direction l’été dernier.

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Si votre beau-frère ou vos collègues de bureau croient encore que le Canadien réglera tous ses problèmes en dénichant un premier centre, ils font probablement fausse route.

Tout, mais absolument tout, ce qui a été mauvais chez le Canadien cette saison était relié à des lacunes défensives.

Outre les déboires ci-dessus mentionnés, le Tricolore a misé sur l’une des pires unités de désavantage numérique qui soient. Les hommes de Claude Julien ont accordé 68 buts lorsqu’ils étaient en infériorité numérique, soit 21 buts de plus que la saison passée! Encore là, ce fut un sommet dans la LNH.

Le taux de « succès » de 74,1 % de l’unité de désavantage numérique du Canadien vient au 5e échelon des pires sommets enregistrés dans la LNH depuis le début des années 1990. Ce n’est pas rien! Montréal s’est ainsi faufilé dans la même ligue que les désolants Nordiques du début des années 1990 et que les Sénateurs d’Ottawa fraîchement nés de l’expansion de 1992.

Un début d’explication: les quatre défenseurs les plus utilisés par le CH en désavantage numérique en 2016-2017 étaient dans l’ordre Shea Weber, Alexei Emelin, Jeff Petry et Andrei Markov. Cette saison, la relève a été assumée par Karl Alzner, Jeff Petry et Jordie Benn. Weber s'est absenté à partir de décembre et a été remplacé par une kyrielle de coéquipiers.

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Enfin, il est impossible de dresser le bilan de cette saison désastreuse sans en attribuer une bonne partie de la responsabilité à Carey Price, qui vient de connaître la pire saison de sa carrière.

Parmi les 26 gardiens ayant pris part à au moins 45 matchs, Price apparaît au 25e rang avec une moyenne d’efficacité de seulement ,900. Aucune équipe de la LNH ne peut espérer participer aux séries éliminatoires avec un gardien numéro un présentant une telle moyenne.

Considérant tous les changements survenus devant lui, Price avait droit au bénéfice du doute en début de calendrier. Celui-ci s’est toutefois rapidement estompé.

Antti Niemi était un gardien supposément fini quand le CH l’a réclamé au ballottage avant les Fêtes. À compter de janvier, au moment où son équipe coulait au classement, le vétéran de 34 ans est tout de même parvenu à maintenir l’une des trois meilleures moyennes d’efficacité de la LNH (,931) tandis que celle de Price ne s’est élevée qu’à ,893.

La saison prochaine marquera le début d'un contrat de huit ans d’une valeur totale de 84 millions pour le gardien vedette. Comme si ses ennuis n’étaient pas assez nombreux, Marc Bergevin devra aussi trouver une façon de relancer son plus haut salarié.

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Six mois après sa fameuse déclaration de Laval-sur-le-Lac, Marc Bergevin est-il sorti du bois en ce qui concerne sa brigade défensive? La réponse ne coule pas de source.

Son top 6 est désormais composé de Shea Weber, Jeff Petry et Noah Juulsen sur le flanc droit et Victor Mete, Karl Alzner et Mike Reilly sur le flanc gauche.

Weber prend de l’âge. Petry vient de voir le mercure descendre à -30 et de prendre le 2e rang au chapitre des pires bilans défensifs de l’histoire de l’équipe. Juulsen compte 23 matchs d’expérience dans la LNH. Mete a très bien fait, mais il n’a que 49 matchs derrière la cravate. Reilly est intrigant, sauf qu’en trois saisons, il n’a disputé que 103 matchs dans la grande ligue, la plupart dans un rôle de soutien. Quant à Alzner, la saison qu’il vient d’offrir s’est avérée fort décevante. Peut-il faire mieux? Pas sûr.

Ça fait beaucoup de « si ». Il sera fort intéressant de voir à quoi Marc Bergevin et ses adjoints consacreront leurs énergies cet été.

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