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Longueuil tarde à expliquer le calcul du coût de reconstruction d’une passerelle

Un mois après avoir annulé son appel d'offres pour la reconstruction d'une passerelle détruite au-dessus de la route 132, la Ville de Longueuil n'a toujours pas d'explication à fournir sur le fossé de plusieurs millions de dollars qui sépare son estimation et le montant des soumissions des entrepreneurs.

Un texte d'Éric Plouffe

La passerelle pour cyclistes et piétons qui relie le Vieux-Longueuil à la rive du fleuve Saint-Laurent doit être reconstruite après avoir été arrachée à l'hiver 2015 par la benne relevée d'un camion de déneigement.

Le mystère plane toujours sur les causes d'un écart d'au moins 5 millions de dollars entre les propositions de huit entrepreneurs pour la reconstruction de la passerelle au-dessus de la route 132 à Longueuil et l'estimation de la Ville établie à 8,8 millions de dollars.

En mai dernier, la mairesse de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire, a annoncé un projet de reconstruction. Un appel d'offres a par la suite été lancé pendant l'été. Huit entrepreneurs y ont répondu et déposé une soumission.

À l'ouverture des enveloppes le 7 septembre dernier, la plus basse soumission dépassait de près de 5 millions de dollars le coût du projet estimé par la ville. La plus élevée proposait de reconstruire l'infrastructure municipale pour une somme d'un peu plus de 15 millions de dollars, soit presque deux fois plus que l'évaluation.

Devant ces écarts de prix, Longueuil a annoncé l'annulation de l'appel d'offres le 20 septembre dernier et entrepris de trouver une explication aux écarts de prix.
Depuis, rien. Malgré nos demandes répétées, la Ville de Longueuil ne peut toujours pas nous dire si elle a réussi à identifier la cause des écarts.

Le Groupe TNT, qui avait soumis la proposition la plus basse à 13 595 591 $ lors de l'ouverture des soumissions le 7 septembre dernier, n'a pas voulu s'avancer sur une explication au sujet des écarts entre l'estimation et les soumissions.

« Nous ne possédons pas l'estimation de la Ville de Longueuil et les détails la concernant », écrit son directeur des opérations, Yannick Tardif, dans un courriel envoyé cette semaine. « Nous ne pouvons donc pas expliquer les écarts. » Il ajoute que le groupe était toujours intéressé à déposer une nouvelle soumission « dans le cas où la Ville de Longueuil émet à nouveau cet appel d'offres ».

Le conseiller indépendant Jacques Lemire a profité de la séance du conseil de la Ville de Longueuil qui s'est tenue mardi soir pour tenter d'obtenir des explications sur les écarts de coûts et l'avenir du projet.

« On a eu des écarts de prix entre 13,6 et 15 [millions de dollars]... Est-ce qu'ils [les soumissionnaires] se sont parlé? » a demandé Jacques Lemire aux membres du conseil municipal.

Ni la mairesse Caroline Saint-Hilaire ni les élus n'ont répondu dans l'immédiat aux interrogations du conseiller indépendant. On ne sait pas par ailleurs quand sera relancé l'appel d'offres et si l'échéancier qui prévoyait le début des travaux cet automne pour rendre la passerelle accessible à l'été 2017 sera bousculé.

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