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Luc Brodeur-Jourdain pourrait jouer son dernier match à Montréal 

Les Alouettes de Montréal sont-elles à la croisée des chemins? La direction de l'équipe pourrait décider de ne pas offrir un nouveau contrat au centre Luc Brodeur-Jourdain au terme de la saison.

Si ce scénario devient réalité, Brodeur-Jourdain disputerait samedi son dernier match au stade Percival-Molson avec le chandail bleu, blanc et rouge sur les épaules.

Voilà l'une des décisions déchirantes qui pourraient être prises par l'équipe à la conclusion de la présente campagne.

« Ça m'a traversé l'esprit. C'est un scénario plausible. On verra », a déclaré Brodeur-Jourdain, qui de toute évidence aurait souhaité traiter d'un autre sujet après l'entraînement, jeudi, au parc Hébert de Saint-Léonard.

Choix de sixième tour des Alouettes, le 48e au total au repêchage de 2008, il n'a jamais porté un autre uniforme que celui de la formation montréalaise dans la Ligue canadienne. Et il ne s'imagine pas en porter un autre.

« Je n'y pense pas. Mon objectif c'est de revenir l'an prochain, c'est mon équipe. »

Toutefois, en discutant avec l'entraîneur-chef Jacques Chapdelaine, on sent que ce n'est pas aussi clair pour la direction et que son retour n'est pas assuré en 2017.

Quand on demande à Chapdelaine s'il estime qu'il reste encore plusieurs saisons à disputer au joueur de 33 ans, l'entraîneur n'offre pas de réponse précise.

« Bonne question. C'est une évaluation qu'on fait habituellement à la fin de la saison, a-t-il noté. Présentement, je ne pense pas qu'il soit (physiquement) à 100 %. »

Brodeur-Jourdain a subi une double déchirure ligamentaire au genou droit la saison dernière, ce qui l'a tenu à l'écart du jeu pour le début de la campagne. Il estime toutefois être au sommet de sa forme.

« Au niveau des genoux, ça va bien. Ma blessure subie l'année dernière, ça a progressé tout au long de l'année, a-t-il indiqué. J'ai encore de l'essence dans le réservoir. Quand on regarde les entraînements, il n'y a pas beaucoup de monde en offensive qui fournit le même effort que moi. »

« La grosse décision dans le sport professionnel, c'est de savoir quand tu dois retenir tes vétérans et quand tu dois aller dans une autre direction, a ajouté Chapdelaine. C'est toujours difficile. À ce stade-ci de la saison, je n'oserais pas m'avancer. Luc est certainement capable d'être fonctionnel et il nous a donné un bon coup de main. Il faudra s'asseoir et discuter de plusieurs paramètres. »

« Quand on commence à parler de vétérans comme Luc, dans mon expérience, tu dois parfois restructurer les contrats et ce n'est pas tout le monde qui peut vivre avec ça, a-t-il ajouté. C'est pour ça que c'est difficile à établir. Ça dépend de plusieurs facteurs et nous n'avons pas toutes les réponses. »

Aucune négociation n'a encore eu lieu entre les deux parties.

« Ce n'est pas décevant. Ce n'est jamais arrivé en cours de saison, a souligné Brodeur-Jourdain, dont les émotions étaient à fleur de peau au cours de l'entrevue.

Kristian Matte a pris la relève au centre en début de saison, un poste qu'il a conservé même lors du retour au jeu de l'ex-porte-couleurs du Rouge et Or de l'Université Laval.

Depuis, Brodeur-Jourdain joue sporadiquement. Est-il déçu de son utilisation cette saison?

« Non. Comment dire? C'est quelque chose que je ne contrôle pas et je n'ai jamais perdu beaucoup de temps sur les choses que je ne contrôle pas. Je donne tout ce que j'ai à l'entraînement. Et, s'ils font appel à mes services, j'embarque. »

Lente transition

Brodeur-Jourdain s'est joint aux Alouettes en 2009, au plus fort de l'ère Trestman.

À ses deux premières campagnes, il a mis la main sur la coupe Grey, après avoir gagné trois Coupes Vanier en cinq ans.

Mais depuis, l'équipe n'a jamais atteint la finale du football canadien. S'il voyait bien que les Alouettes devaient amorcer un changement de garde, il se questionne tout de même sur le processus et, surtout, sur sa lenteur.

On sent qu'avec la fin possible de sa carrière à Montréal, cette transition sans fin le tracasse.

« En 2011, 2012, je voyais les choses se dessiner et je me disais que c'était pour être difficile la succession à Marc Trestman et Anthony Calvillo, ainsi que pour tout le groupe d'entraîneurs dont nous disposions, qui était exceptionnel. Je savais que quelque chose changerait au fil du temps. Mais est-ce que je m'attendais à ce qu'on passe 12 ou 13 quarts-arrière différents, 6 ou 7 coordonnateurs offensifs, 3 entraîneurs de ligne offensive et 3 entraîneurs-chefs? Pas vraiment, non. »

Détenteur d'une maîtrise en finances, Brodeur-Jourdain devrait fort bien s'en sortir dans sa deuxième carrière. Mais c'est un sujet auquel il n'a pas encore réfléchi.

« Je suis bien confiant en l'avenir, même si je n'ai pas idée de ce que je ferai. Le football a été une surprise dans ma vie, j'ai commencé à jouer à l'âge adulte. Ce n'était pas un objectif de carrière : je voulais devenir technicien en électronique. J'ai fini par être joueur dans la LCF. Même si on croit qu'on a un trajet tracé à l'avance, on ne sait jamais ce qui vient après. Il suffit de garder les yeux ouverts. Je pense principalement à aimer ce que je fais. »

Si jamais il s'agit de son dernier match à Montréal, il pourra compter sur Chapdelaine pour lui donner du temps de jeu.

« Luc c'est toujours un gars que j'aimerais voir sur le terrain d'une façon ou d'une autre, a souligné l'entraîneur. C'est certain qu'avec notre dernier match à domicile, ce serait bien de le voir sur le terrain. »

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